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poematique expiraTOIre

concert

Vous prendre par la main

Par la main, par la nostalgie, par la beauté et l’harmonie

Laissez-moi écarter doucement pour vous les tulles du temps

Et vous faire l’entrevoir, vous le faire toucher presque ce quelque chose qui a été et qui disparait

Ce quelque chose qui a été et toujours sera…

Toutes les laideurs du monde finissent

Tout finit qui a un jour vécu

mais n’est-ce pas un miracle que jamais la beauté

Que jamais jamais la beauté ne se peut oublier

J’écarte les voiles, regardez

Regardez le voilà cet homme, en habit noir, cet humain  solitaire aux services des humains,

Là devant nous dans le cadre flou de nos mémoires

Le soleil le rend plus transparent encore

Il ira vers la lumière il le sait sûrement

Mais en cet instant Il est là, devant son piano

Regardez ses doigts qui dansent,

ses doigts qui dessinent dans l’air  le fil d’éternité

 

***

 

Vous l’avez vu comme moi  ? touché du bout de ses doigts ce souffle aux cordes tristes ?

Cette détresse fragile de qui croit en Dieu et voudrait tant croire en la Terre aussi

Ce bonheur qu’on sait être le papillon de l’impermanence  des choses.

L’homme musicien dompte le vent

 il l’apprivoise

le tient un instant entre ses portées

et puis en sage qu’il est

En amoureux de la Vie

 il le laisse partir pour que naissent des souvenirs et le goût des retours

 

***

 

Solitaire , cette âme à la mission si étrange de glorifier Dieu en magnifiant les hommes

Solitaire cette âme mais jamais seule, unique mais tressée sur la spirale immense de la musique

Slave, russe ou sœur mutine  d’un Gerschwin symphonique et nerveux

Elle se balade, cette âme,  partout chez elle, exceptionnelle, charnelle ou fumées, légère ou généreuse

Comme toute entière emplie de l’étonnement  ou du bonheur d’habiter ici parmi nous

Solitaire cette âme étrangement douée de voix, de bruissement, de tumulte, de l’écorce douce de l’eau qui chute du ciel

 

***

 

Le ciel s’est calmé. Peut-être.

Tout est à la fois si imprévu et si parfaitement connu

L’homme regarde par la fenêtre, le pays si beau qui semble reprendre son murmure avec l’humide vapeur d’après l’orage

tout en lui-même  est pareil : dans ce secret dévoilement des choses.

Est-il des hommes

Est-il des brumes

Est-il de ce temps qu’il a fait qu’il fait ou qu’il fera ? Quand on a recueilli  dans sa chair un cœur de poète, on traverse tous les champs magnétiques. On a la lune et la pierre, le feu et l’eau  de chaque  étoile qui tombe ou qui pousse.

 Cet homme là,  a vécu  bien des  histoires et le tissage éphémère des échelles humaines.

Tout remonte maintenant des anciennes jachères comme pour dire à tous : si tu aimes tu traverses tous les temps

***

 

 

y-a-t-il une histoire humaine quand on vit dans la portée de Dieu ?

et quelle clef posée à l’entrée de son cœur s’il faut pour lui renoncer à l’amour des femmes?

l’ oiseau aux ailes rognées refait sans fin dans sa cage la magie du vol

plus fort plus haut plus libre encore

il trace de ses plumes d’ange  des acrobaties virtuoses

 

alors le voilà l’homme,

quittant son corps

arpentant les vertiges terrestres

il plonge dans la solitude

remonte la nostalgie

 déploie les élans

tendre douloureux fidèle

l’homme de Dieu qui sait si vrai dire l’amour d’ici-bas

comme s’il lui avait été demandé d’être parmi les tristes les mendiants pour en mieux chanter la richesse.

 

***

 

Si tendre simplicité de l’âme qui reconnait partout ses frères, ses sœurs  à chaque fois que se chante l’amour

C’est elle qui nous frappe d’ exil

nous fait lourde béance

quand l’absence  rouille même les saisons et que l’on imagine rejoindre la grisaille des pierres que l’on a sur le cœur

que l’on manque même à soi-même

 

 

 ****

 

 

À lui maintenant, à lui de nous prendre par la main

Lui qui est dans la belle image, l’autre versant des choses

Par la main, par le petit doigt qui chuchote

Voici des couleurs des ambiances

Le lever du jour

les soirs de campagne

revenus du temps

des saveurs simples

comme il fallait alors amarrer son cœur, sa foi dans la divine beauté d’un paradis  terrestre

pour ne pas perdre espoir en regardant les hommes. La guerre, l’effroi !

la musique frôle maintenant ce qu’il reste d’espoir :un ruisseau  un village et la blanche maison de l’enfance.

L’âme du poète devenue friable rassemble autour d’elle ses raisons, les miettes de la joie

 tenir

Elle rassemble ses mélodies, ses restes de douceur

Tenir

Se faire oublier de la peur, des monstres armés  des exterminateurs

Tenir son souffle

au creux du pays.

 

 

 ***

 

 

 Tenir son souffle au creux du pays…oui

Et puis revenir vers les hommes puisque c’est pour eux qu’il est poète

Pour eux qu’il use ses talents et les mise sans fin sur le tapis de Dieu

Pour s’en remettre à la roue de la vie 

Du premier cri au chant du cygne

Pour eux qu’il jette ses notes par poignées sur les partitions et papiers

Revenir vers les hommes amoureux, les hommes désirant, les hommes laborieux , las , heureux ou tristes

 Endosser le rythme de leur pas. Cette  musique cadence le cœur des jours, un battement après l’autre. travail repos amour chagrin.

 

 

 ***

 

Et puis soudain vous et moi

Ici de ce siècle

 d’un monde autre où l’on marche  à quatre roues

Où l’on passe en comète matin midi et soir

On s’affole on sent que s’étiole le temps ancien

  que ce qui va se dire

semblera creux et vide

 qu’on ne sait plus

vraiment  ni quoi ni comment

les quenouilles s’effilochent

les rossignols  ne sont plus que de vagues dj dans des forêts de bras

on regarde le poète qui s’éloigne, aspiré dans l’oubli et les  tambours sonnants

on va le perdre, le voir disparaitre.

Mais c’est plus fort que lui

Il peu t bien retrouver le sable du temps

Passer à la poussière

Sa musique est dans l’air, précieuse

Parfaite toujours

Belle

Et renaissent sans fin les fils qu’il a tissés

On ne saurait faire mourir l’oiseau

 

 

 

 concert hommage à J. Bovet maître de chapelle cathédrale St Nicolas - Fribourg  1879-1951

textes

 

les choeurs ont été préparés et seront dirigés par Jean-Marie Kolly

 

 

 

 

 

 

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