poematique expiraTOIre
cahier neuf. y chercher l'épaisseur de la flamme qui brûle sur la table et qui est censée tenir, même vacillante, une prière, un fil de vie. je l'ai allumée très tôt. je savais bien que très vite je n'y penserais plus, que j'allais me divertir de cette pourtant suppliante espérance et qu'il me fallait le feu pour être certaine de ma vigilance. le carnet, sur lequel je jette ma vie, en instance de déséquilibres, elle, parfaite fildefériste à l'éventail. hameçonnage du réel pour mes pieds, fichés dans les pages. pitonnage des varappes, je ne dévisserai peut-être pas, qui sait... ?
cahier neuf. me répéter ces mots ,qui sont là pour ouvrir une voix nouvelle, pour tenter l'échappée, le raccourci par les travers de temps. j'aimerais parfois- comme cela vient d'un hasard à l'autre- que la parole quitte les lignes droites, les marges isolantes, qu'elle se mette à la page d'une autre. je sais combien cela peut faire du voyage, des routes quand on est porté vers... et non dedans. et moi, j'ai fait le tour de moi.
j'ouvre, je déplie, j'écartèle les deux cotés de la couture, j'aplatis. j'impose l'ouverture et ce n'est pas rien que de mettre au dépli mes ailes de papier recyclé.
et dans le recoin de la chambre me demande, inquiète et émerveillée :lit-on aussi sur les pages des cigognes leurs voyages et leurs lointains pays?