poematique expiraTOIre
Puis-je écouter ce truc que je regarde… ? Tous ces mots qui se mettent à cogner dans le palais des lèvres, ces suites, ces wagons de vocabulaire heurtant les lignes de mon cahier intérieur. Cette légèreté parfois, cette épaisseur soudain. La charge aux tambours des yeux, ma voix même enrouée est un instrument. J’écoute donc ce tableau, ces plaintes noires qui coulent dans ma gorge avec un goût de brûlé, la torsade rouillée de mon estomac, l’air dense que cherchent mes narines empesées de charbon, dans des cavernes irrespirables aux échos malheureux et plombés. J’écoute, mon œil érodant les bruns et les ocres jusqu’au cri, les terrains minés qui explosent sous les paupières. Et ce masque muet qui hurle dans les intoxications du monde… J’écoute ce boucan de peinture et puis comme un ultime bruit, le mien, ma souffrance quand grincent les gongs de la langue instrumentiste. Musique aux pigments lourds