poematique expiraTOIre
voilà qu'une nuit de graines et d'orange déporte mes humeurs. je cueille des fusées de couleurs, venues comme d'anciennes joies d'anguilles à la surface du rêve. c'est un jour de soleil qui dissout les jardins et les mauves, infusions d'alcool et de fruits trop mûrs. je déboise l'été, coupes sombres dans le grand herbier de nature. c'est l'heure de terre, de fouiller la chair nourricière, de réclamer son talent enfoui et ses racines potagères. je tends la main vois-tu, la paume en l'air pour ce dépôt de sucre-glace que tu feras sans doute à la moindre caresse. pour la sève sous les dents, pour ces ombrelles sèches qui amusent le vent quand tu sors tes désordres. je tends et je referme. tenir à quelque chose peut faire récolte. entre les ailes de phalanges, le maïs mûr de ton souffle.