Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

poematique expiraTOIre

arbre

 Quand mon père vivait, j’aurais voulu ignorer les hommes, les mettre sur le coté.  j’aurais voulu les refaire, les défaire, comme s’ils avaient leurs lignes vissées dans des barbelés et des aiguilles. Ils étaient la forêt nouée de ronces, le monde vertical inextricable dans lequel il n’aurait jamais fallu entrer ni chercher un tapis de lumière. Ils avaient du lierre des lianes des noirceurs. Quand mon père vivait, je ne savais rien du bois, comme un monde interdit dans lequel j’allais errer sans but ou sans chemin.. mâles de l’espèce  je vous tenais pour des terres impraticables dans lesquelles je n’avais ni à entrer ni aucune découverte. Solides entre vous hommes, vous aviez construit  élevé fait dresser vos barricades, vos miradors  vos murailles ligneuses. Je restais hors de vous, pays pourtant où j’avais pris  ma source.  Je vivais dans l’orée claire des femmes, vous frôlant, inquiète sans cesse de votre nuit. Quand mon père vivait, il tenait dans son verbe, sa main pognée tout le vent et mon profond silence. Il avait la tête tendue et derrière lui l’armée des sexes hauts et fiers.  et ce qu’ils regardaient tous je l’ignorais, un horizon sans doute où s’éclataient des nuages ou des tempêtes, ce qu’ils disaient la vie. Quand mon père vivait, il tenait pareillement la barque sombre des troncs qui roulent jusqu’à la mer, tous inacceptables navires pour mon friable voyage de feuille. Quand mon père vivait, aucun arbre unique solitaire  n’avait grandi sur la Terre. Aucune ombre pour le repos, aucune écorce rugueuse pour mes oiseaux. Il y avait l’étendue vierge des hommes et rien pour moi dans ce monde-là. mon père s'élevait mais n'a élevé aucune femme.

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article