poematique expiraTOIre
je rentre dans la ville tombe. par la poussière, par le vent qu'elle endure. les fenêtres ouvrent partout sur des âmes dénouées, perdues à mi- chemin entre un reste de vie et une grande mort. je les regarde. ma main traverse ainsi des temps empilés, immémoriaux, des strates blanches. combien ont vécu ici avant que j'y pénètre et que j'ouvre la porte à la déliquescence, leurs chants leurs plus petites phrases toujours là semées et trempées comme l'acier par le bruit insoutenable du temps.
je rentre parmi les corps, les lendemains de sac et de profit. ne restent pour moi que les choses intangibles, les demeures lugubres des pleurs. mais bien au-delà du désert, je compte les souffrances.
tant de gens ont crié et geint aussi, supplié une nouvelle vie que personne ne leur a accordée. exécutions sommaires, la mort sur la tempe, baiser de fer et de feu. on peut mourir de cette façon. jamais on ne reviendra contempler son effroi. mais ceux qui en réchappent et ceux qui reviennent n'en finiront plus de souffrir l'instant d'horreur de cette fin inhumaine. la vie leur reste sur les bras.