poematique expiraTOIre
tout éclot quand c'est le printemps, le jour également. c'est sa manière convenue d'apparaître, floral, jaillissant.
je sors de ma maison comme une pochette surprise moi aussi. me sens pareille à ces gros boutons de tulipe aux lèvres rouges. je reviendrai ce soir, ouverte, tendue vers le crépuscule comme ils pointeront leurs petits ballons garance sur la pelouse.
en attendant j'ai les ailes repliées, cape voilant mes couleurs.
en attendant, je piétine exacerbée jusqu'à la levée du bleu, cette monochromie lunaire qui est la doublure de mon corps. l'aube me couve dans les coulisses du printemps. je suis la troupe de la comedia della vita à moi toute seule, diva et silhouettes au lointain.
en attendant, je récapitule la couvée de mes rêves, mes auréoles de bonté, mes pensées positives, de quoi tenir tête à cette lumière jaune, à ces explosions de pollens qui vont déclamer la joie de vivre sur la scène du jour.
me fondre pour une fois dans le décor, me confondre.
bourgeonner bouquet, plate-bande, massif. étaler l'insolence sous des douches de lumières. articuler jusqu'à la désarticulation les stances du grand vaudeville.
en attendant j'ai les ailes repliées, cape et masque dans les pendrillons du matin... je crois qu'il y a du public. faire une bonne représentation, faire une bon...