poematique expiraTOIre
sais-tu,
parfois le jardin se métamorphose en biotope aquatique. aujourd'hui la seule image qui me vienne pour t'exprimer ma fragile et si provisoire acceptation de l'impermanence, c'est celle de la pluie.
une chute au sol avant un ascenseur à nuées. tu n'y vois pas d'inconvénient n'est-ce pas...
ma mère aimait l'histoire du fleuve qui ne pouvait rejoindre la mer et s'éteignit dans le désert. le ciel l'écoutant dans sa plainte le rendit si léger qu'il l'emporta loin, au ciel, pour qu'il réalise ses vastes projets ( pleut-il des fleuves dans ton océan?)
pourtant, j'aurais envie de te dire que ma seule certitude c'est la permanence. je sais que cela peut paraître provocation inutile et jeux de mots ( on y joue, pas vrai...) mais qui a la foi du biologiste sait que rien ne disparaît. jamais. quand j'aime une fois j'aime pour toujours, chanson philosophique. quelle que soit la forme que je prendrai, - sauf la scolopendre dont j'ai le dégoût viscéral, pitié pas elle!- je serai encore et encore... dis-moi seulement que la poésie m'amènera vers une re-image acceptable!
plus vraisembablemen,t je dirais que ce n'est pas ce kaléidoscope d'âmes qui est effrayant mais plutôt de brouiller l'apparence sans fin et sans raison. et c'est là que la vie me blesse...le sens
sens y a-t-il quand il y a des espaces, des îles, et puis des îles et des espaces et que cette plage solitaire qui est sienne ressemble au point sur l'i d'un Dieu inconnu? moi je veux bien marcher, courir même mais à quoi bon m'agiter comme un électron, une occlusion dans le solitaire qu'il porte à son doigt? alors cette permanence qui devrait me rassurer appelle en cachette la venue de l'impermanence. j'espère changer oui et même mourir.
