poematique expiraTOIre
je suis morte si je descends maintenant du train. je vois, c'est écrit danger. e pericoloso sporgesi. je vois que la fin c'est exactement là, de l'autre côté de la vitre, de la porte vitrée. on ouvre et boum on est exporté immédiatement vers l'absence. on actionne le bouton, le truc écarte ses bras. les rails qui défilent ouvrent l'infini et le grand voyage. un geste un pas et c'est l'énormité des kilomètres. d'un seul pas au fond de l'univers.
j'appuie ma tête contre. je m'appuie presque toute entière. peu de choses me retiennent, un bout de soulier trop en arrière, le dos peut-être qui, lui, a toujours peur de tout. mon front contre le front de la disparition. transfusion de froids divers, mes pensées contre son glacis de saison. je ferme les yeux. j'essaie l'ivresse de tout arrêter là. saisir la manette, presser le bouton, le faire sans agitation, sans pathos, comme je franchirais le pas d'un ascenseur.
comme ça pour me persuader qu'il n'en coûtera rien .
le froid me réveille, mon crâne comme cuit. la douleur, la douleur me ramène à la vie, à l'envie. je retourne m'asseoir.