poematique expiraTOIre
retour au calme
les batailles sont démontées comme des estrades après les morts
papiers gras tapissant ma pelouse
perdu comme d'habitude
la perte est un problème d'équipe et je joue en solo
dessous une herbe verte de neige percée et des empreintes comme la danse des lutteurs
je sors sale de toutes mes prises, de trous au pochoir dans le lard de l'étreinte
foulée rouée abandonnée dans les soubresauts des températures pour détacher de moi le lin du ciel
écorce battue
patient travail
bras menottés et jours estropiés, la vie rentre de la fête par le chemin des larves
je suscite la haine vorace des bestioles qui ne cessent infiniment de ronger ma chair
elle me décomposent , tandis que dans mes pourritures débute déjà le poème, sans que j'aie même à y oeuvrer
j'attends
sous le gris de mon bois, les fagots liés de mes sapes, les suspensions des lessives
me rincer de soleil jusqu'au cassant
jusqu'au peigne amoureux qui dénouera ma chevelure et tissera ma toile.