poematique expiraTOIre
ne plus y penser. oublier le chemin. le noyer même, au fond du tonneau. presser. enfoncer. le tenir ainsi jusqu'à ce que plus rien ne s'agite, plus aucun soubresaut. le chemin qui se meurt dans le pays, au hasard d'un pré et après qu'on ignore..
ne plus songer, plus chercher à glaner l'éphémère, ces moments à l'instar, ces moments à la dérobée, la cleptomanie visuelle censée m'envelopper d'écharpes, de mots, d'eaux fuyantes parmi les algues. tout ce qui entoure quoi et dont je tente de gainer mon désir. gommer tout cela d'un geste nerveux rapide. trouer le vide à force de ratures et rien dans l'eau des buvards.
ne plus y aller, rester au piquet. maintenant me veiller, être à mon chevet.
le silence, l'épreuve de tensions extrêmes. les tentations qui remettent tout à zéro, tous les efforts de liberté, d'oubli, de retrait, le dos tourné qu'on a eu tant de mal à mettre en place. la statue déboulonnée. se redire tout cela, s'invectiver.
se faire bien comprendre et ne plus valser.
se redire encore que ce n'est plus le temps, que ce n'est plus à faire et que personne oh! bien sûr personne ne vous y attend plus.
avec ça il y a de quoi cultiver l'ignorance et la béatitude bouche molle.