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5 août 2012 7 05 /08 /août /2012 14:28

tabriz.gif

 

Le long voyage des migrateurs commence bien quelque part. Il commence comme je peux sortir de moi à la manière de ces trompes qui sortent du nez des guêpes ou de la gueule des crapauds. Pour revenir un jour ou alors pour se perdre. Je n’ai pas assez le courage du voyage, pas le courage de mes ailes en somme.

Faut être seul. C’est mieux. Je ne mets pas de e à seul. Non. Parce qu’au féminin, ce serait un mensonge. Ma chair est un champ de pépites à éclosions multiples. Un doigt y passe et c’est la levée des perles. Mais il va venir le temps –grotesque et grimacier- où « seul » supportera des bas nylon. En travesti de bonheur, cela va sans dire. Mais insistons : faut être seul sinon on ne voyage pas, on regarde. je me dissipe dans l'imaginaire

Tabriz est un labour de nuits aux odeurs puissantes. j'entetiens mon courrier, le facteur est un tôlier sans savonnette et sans linge. Il pourrait être nu avec une vieille peau en sacoche qui tomberait de ses bras. Le poil gris ou noir comme de la chique et l’œil allumé d’un alcool qui demeure longtemps à table. Le facteur persan.

 

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 16:49
qu'un seul divin, l'humain

 

 

tremper mon regard dans des solutions inaptes

 

 m'étonner

de ce trouble piquant qui voile

le paysage ressemble au fond d’une rivière

 

inspirer comme on ouvre ses poches et laisser s'enfuir ce gravier

 une retenue de sable

 une crique de montagnes

ce sont de drôles de barrages

dont s’amusent quelques torrents et ma colère encore trop vive

 

emplir les fioles

les bénitiers

les cascades

du miel pluvieux de ma belle saison

 

dans la maison même la lumière penche

ce biais par lequel se fait le jour, entre eux deux

je vivote

mi- ange mi- charnier

à l’intérieur  des ruisseaux

dans la pliure cassée d’un grand cahier

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 11:05

Bruxelles- gare du Midi/ 28.07

maintenant plus que jamais j'aimerais lire un poème
un poème simple facile, une histoire, quelques lignes dressées sur la table, pique-nique  de mots et d'une femme assise.
il y aurait de l'herbe, des lilas ou de ces arbres roses comme des nénuphars sur le miroir du ciel. je serais quelque part là-dessous, les genoux déployés, l'offrande muette d'une peinture sur soie.

 maintenant plus que jamais j'aimerais lire un poème, quelques lignes  berceuses, la mélodie sans note d'une voix qu'on viendrait glisser dans mon oreille
 j'aimerais lire un poème, un vrai qui n'aurait rien des mots ou images

qui dirait  bêtement les choses

 qui s'épancherait -peut-être un peu trop mais tant mieux-

ce serait du vrai, du pas chiqué, du pas voulu

du rien d'autre qu'une bouche et mon coeur tout autour

maintenant plus que jamais,  j'aimerais ouvrir des tableaux, le catalogue des pays intimes

parcourir du doigt la sente de couleurs et pourquoi pas me perdre si c'était bon pour moi

plus que jamais l'éventail des paillettes secoué comme ça pour ébouriffer l'air

éparpiller de l'or

maintenant ce serait bien d'être en promenade,  au bord d'un canal,  une route chez moi

ou ma main dans ta main histoire de ne dire rien

 

le mot est bien peu de choses pour s'en aller comme ça

il s'incruste il s'installe, comme cet ado afro qui démarche en boitant entre les sièges en métal bleu du hall.

ses raideurs de  guiboles contre ma raideur perso.

incapable de décrisper le voyage

tout est menaces et idioties similaires

j'évalue l'espèce, j'échantillonne, je classe.

je joue en entomologiste les classifications humaines

les pointus les dodus

les visages anguleux les replets
les bouches toutes plus expressives les unes que les autres

ces lèvres sèches ces machins qui pendent les pareilles aux miennes un rien amer sur une idée de se marrer quand même.
les yeux larges amandés fendus clochés vides pleins globuleux incurvés et chaque singe derrière qui refait  l'histoire
démarches traînantes fuselées désossées agiles lourdes dansantes les hanches qui jouent  au hochet un fox trot antique et  parfois très gracieux.  forme  courante -le cas de le dire?-  de séduction.
odeurs partout

c'en est touffu! trop goûteux l'humain!

une saveur âcre insupportable

des relents de repas des transpirations mal nées d' autres trop évoluées comme un fruit en voie de décomposition.
les humains sentent puent parfument émanent

il en sort de partout de la peau aux habits de la gueule aux cheveux et même de la couleur variable de leurs chairs.
et puis les voix

les accents les graillements les flûtages les filages les amoindries les trop  tendres, les graves, les faussets 

je baisse la tête

je suis parmi ce grand tout et n'ose me définir

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29 juillet 2012 7 29 /07 /juillet /2012 10:20

 

 

 

je rentre et l'odeur du passé. nuances mièvres qui "demeurent " la maison me saisit; mon père a dû encore faire ses allées et venues de fantôme, traîner ses savates malheureuses cherchant à retendre les noeuds qui ficellent mes pensées et me retiennent. les pères trop aimants finissent par nous faire des histoires qu'on ne peut aérer.

je rentre et ce crochet qui tire mon coeur dans les abysses sombres des morts.

sans raison les murs s'ébrouent encore. ils jettent sur moi et ma mémoire des encensoirs en poussière. je soulève mes épaules, me laisse envoûter. cela ne sert pas à grand chose de lutter.  j'essaie d'ouvrir un regard neuf. 5 jours ailleurs n'ont pas changé l'ordinaire en paradis  comme ils n'ont rien dit non plus de l'autre bout du monde. 

j'habite un ensemble blême dans lequel des tours aveugles renvoient en écho les derniers "bruits" du jour, des claques sonores entre les murs et les réponses du silence.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 07:15

entre les touffes noires des trottoirs

les hommes liés en bottes sur des champs de bataille

ce grain sombre

qu'ils donnent

d'un pain qui laissera amer et le ventre cru jusqu'à l'âme

frayer une marge, une rayure  de fuite

perspectives urbaines aussi loin que me tire un soleil levant

je vais tremper midi dans un bol de lumière

ailleurs

où tu m'attendrais en clignant des cieux

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 15:12

je m'essaie

allongée dans la clim'

à naviguer au repos

le ciel lentement se couvre de mon amour si triste

chapelle sans images que de très vieux oiseaux

je regarde le monde la terre à l'envers

avec un blanc sucré et du vin qui retourne les dieux et la danse

je t'oublie comme je peux

plongeant droit dans les cieux

je t'oublie comme je peux en dégrafant le sol des pas qui te font loin

je t'oublie

une rature

une essence volatile qu'on aurait posée sur mon coude ou le creux du poignet

de la main qui écrit

de la main qui caresse

je m'essaie

je m'escrime

je lutte aux petits poings

dans des velours mités

je suis perdue

j'étale mes cheveux

mer nue sur la couche

et j'attends des bateaux

 

 


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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 08:23

apothéose des pavés la marche

la déhanchée de promenade

je cisaille à l'escarpin les courtes distances et puis les avenues longues à force de fatigue

le temps tire encore ses rateaux de lumière

le ciel est une plaine dorée

comme un grand champ de sémaphores

suivre quelqu'un sans trop savoir

un guide avec un parapluie debout qui me ferait appel

très loin devant qui tournerait toujours au prochain visage

c'est un rêve étonné

une hypnose

avec des yeux de poisson surpris dans une flaque d'air

mon coeur a mis son masque

et ce filtre anti particules

je respire sous l'ouate

les yeux agrippés dans le dos de la farce de vivre





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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 17:16

 

le poème est absence

il est solitude

il est soleil

le poème est pavés enrubannés

bruisaille

et encore l'absence

le poème est territoire expatrié

une pelletée de terre dans un jardin d'exil

le poème est anglais

flamand japonais

le poème se concentre

comme une boule de glace mille arômes

roulures froides sous les paumes

le poème est vieille peau et ruptures

secousses interruptae

hoquet

un cahot sur un voyage

le poème tache la nappe

le cahier

le bout de mon doigt

quand je serre mon angoisse

sur la pointe du bic

à 16 heures précises

Grand Place

Bruxelles

 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 21:12

2012-07-25-13.15.14.jpg quai aux briques 

 

gaz à tous les étages.- avec l'eau courante sans doute- c'est écrit là devant mes yeux. installée à la terrasse du Publico, rue des Chartreux. je suis revenue sur mes pas. je lève la tête et suit les émanations tranquilles et doucereuses de la cuisine de ce joli resto.

à mes côtés, un couple, jeune, ou plutôt un début de couple. elle,  tirée à quatre épingles tient ses jambes serrées comme le sont également ses cheveux parfaits. là- dessus, le petit sac à main tout en armure et convenance. protège vertu.

je me dis qu'il aura du mal à aller au but en une fois,  le gars...  elle sourit, peut-être pas totalement  indifférente, elle a des pupilles larges comme des trous de serrure. en face le mec rame sec pour la convaincre de son intérêt et de sa bonne foi.. il est presque couché sur la table, dans une posture d'approche qui en dit long sur ce qu'il espère...coucher avec elle. plutôt beau gosse,  grisonnant quarantenaire avec pinces à vélo. je ne vois que le profil, un ancien blond sans doute. ils parlent beaucoup entre deux petits rires mystérieusement soulagés: ils sont flamands. un autre monde.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 15:23

14 heures.  repas place de la Bourse. en face un trio semble se confronter. silences bavards. l'un est plongé dans une sorte de mélancolie enfoncée jusqu'à la garde. il semble ailleurs. la femme reste d'une rigidité digne et l'autre, le dernier, fait de l'animation psycho. je plonge dans mes crevettes grises, une dose de mayo et une gorgée de Pineau des Charentes. c'est l'instant lucide et prometteur de la bouffe. le mélancoleux se détend,  on peut remercier son bedon: son visage s'ouvre...un peu du moins. comme quoi il faut parfois ouvrir la bouche pour ouvrir l'âme.

je me tiens à côté du Macau Palace, les stores bien clos. jeux en tous genres. une grosse grosse voiture squatte la rue depuis un quart d'heure. je fais mon polar. quinze minutes d'un défilé plus ou moins discret de personnes obséquieuses à la portière. les crevette grises sentent la pétoire à pruneaux. je viens de me connecter à Webmystères.

ma pensée vagabonde tandis que quelques clodos tendent la main au grand dam de ma restauratrice. cette dernière s'obstine à me donner du "mademoiselle". cela me ride le caractère.

les tables se remplissent, un quattuor "laqué" vient d'installer ses culs proprets sur les chaises de devant. tandis que j'imagine comme une aventure entre le "bedon" au regard triste et moi qui ne regarde que moi comme dirait Brel.

le restau s'appelle le Chat noir. on y mange des histoires et des crevettes grises.

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