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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 05:26

ce léger frôlement de vice et de vertu

de conserve avec tes balancements désormais

rideau au tomber de vracs et de stèles définitives

dessous les morts, toutes tes morts

tu ne prêtes ton flanc  qu'à des voyages sans retour

avec les ballots du passé

dont tu connais toutes les formules

mais pas encore les énigmes

elles ont sur toi des pouvoirs dont l'affranchissement est interdit

avec ta certitude  des doubles, des masques, et de ta propre nature à tête de Méduse

oh! tu retiens leurs prophéties de pierre

amies frères aux profils d'ange

c'est percevoir leur propre regard dans ta pupille qui les tue et t'éloigne

tu marches  te sachant déformée emballée pour toutes les traînées

en toi il y a le noir que tu sais, extrait au burin de vivre

en toi il y a la lumière de ta force solitaire

l'étoile qu'il importait tant d'éteindre

 

 

camille claudel

Diagnostiquée pour une démence paranoïde10,11 avec « délire systématisé de persécution basé principalement sur des interprétations et des fabulations » selon les docteurs Truelle et Broquère, dont l'origine pathologique est discutée, malnutrition, alcoolisme, maladie de Korsakoff...12

En 1914, la Première Guerre mondiale éclate et les hôpitaux sont réquisitionnés : elle est transférée le 9 septembre à l'asile d'aliénés de Montdevergues, à Montfavet, dans le Vaucluse, où elle restera jusqu'à la fin de ses jours. Elle y est affreusement malheureuse, ne sculpte plus, et ne recevra jamais une seule visite de sa mère, qui meurt en 1929, ni de sa sœur : seul son frère Paul viendra la voir, à douze reprises8. Elle écrit de nombreuses lettres à son frère et à sa mère, dans lesquelles elle se plaint des conditions de son internement, et reçoit en retour de la nourriture et des affaires diverses. Jessie Lipscomb viendra la voir deux fois avec son mari William Elbourne en mai 1924 et en décembre 1929. Une photographie de Camille assise sur une chaise prise par William Elbourne sera le seul témoignage visuel de ces années d'asile, elle a 65 ans9.  Wikipédia

 

lire aussi  ici  link  

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 05:47

21 mai. date essentielle. il n'y a rien à fêter, ni quelque famille, mariage et extravagances mortelles. jour qui ressemble à un solstice mâtiné de superflu et d'inefficace. un 21 sans étoiles, un 21 dépouillé comme on peut supporter de les voir se lever à l'horizon.

démise de toute pression d'avenir, je vais plonger (métaphore filée à la météo de bazar) dans le 21  mai sans m'inquiéter de lever autre chose que moi. filet ultra mince suffira ,c'est bon.

ai dormi comme un vieux, sans crier, sans lange à changer, sans sein à offrir. c'est plutôt bien pour ça de tranquillité chère payée, à grandes claques de cafard et knockout de poitrine. dormi avec des rêves d'enfants perdus, de chiens, de chauves souris; la nuit mène l'enquête et franchement je ne sais après quel cadavre elle court sans trêve. enfoui en tout cas et pas près de revenir cloquer la surface de ma conscience.

dormi découverte avec l'homme de ma vie, fantôme non encore advenu. je lui garde ma pureté de sexe qui n'a connu de l'amour que les dons hasardeux et la quête sur le fil du lointain. outils aiguisés à la lanière. il y a ce bel oeuvre à monter, accomplir le projet dans l'effusion des encres, celui qui fera date et achèvera le pont des épées.

21 mai. face à moi à l'heure d'écrire c'est encore le noir qui renverse ma face dans la fenêtre comme une tache de lumière. je suis d'attaque, putain d'éveil!

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 07:52

 

 

je vous hais depuis toute la souffrance des nuits lardées de peur

de cette mort à petites doses, qui vient, qui vient, qui vient encore

je vous hais  de cette haine qui détruit, enfonce, noie, extermine à la sape lente

je vous hais de m'imposer la dernière haine, qui ne guérit jamais

 

je vous hais  de la paralysie du corps, de la voix, de l'âme

plus rien que du sel devenir

je vous hais de la mort, ce loin qui est notre prison, de votre vrai don et qui est le seul qui va rester

vous hais de la corde, de l'eau, de toutes les pilules roses bleues ou blanches, des coutelas et des fusils

des restes de neige, des laideurs qui traînent partout et envahissent le corps, la vie et l'haleine de ma bouche

je vous hais des paroles qui maintenant me sortent et qui n'ont que des pierres pour voler

je vous hais de la maladie rallumée, du solde sans cesse augmenté de la nuit, de l'épuisement des rêves

je vous hais des retranchements des murs de nos respirations

des pesantes menottes et des carcans toujours plus lourds

je vous hais du désert, de l'acide, des poisons, nos paysages obscurs

de la duperie et des apparences à tenir coûte que coûte puisque ce sera le fil ultime pour revenir, peut-être, avant que de perdre définitivement le chemin du retour

je vous hais du monde où vous nous avez poussés, vous hais de vos obscènes joies de vivre, vos bontés célestes, vos masques catholiques qui nous font face et qui ne sont  que des masques pourtant d'imperméables fissures

je vous hais de la misère de la misère, de l'ombre, du noir envahisseur essoré de tous les silences

et de vos sentences mortes.

vous hais du monde entier qui n'est maintenant que cellule, qu'un coin de cellule où nous sommes accroupis pour le restant du temps

la Terre est rognée jusqu'à l'île et plus rien

oui la fin arrive et nous devrons lui forcer la main parce que ce sera la seule issue possible de notre vie blessée.

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 07:56

j'apprends par coeur le poème de la pluie. arrosage à la louche. il pleut tellement que mes mots dégoulinent, sauce étendue à la flotte.

me lève avec cette sourde présence d'une longue journée inutile qui mettra mon temps en cage

travail évincé délavé émacié. écriture sans but, errance dans le texte. mes passions sont en laine feutrée d'avance. j'en vomirais tous les moutons tondus qui bêlent sans cesse dans ma bouche. répétition monochrome.

personne ne me tient en l'air, ne jongle avec ma vie et mes colombes. les fils sont coupés, les baguettes brisées, les chapeaux rabattus, les cartes entassées. magie de grenier et de malle et je verse dans l'inexistence de bois.

je vieillis à vue d'oeil. ça ravit sûrement la petite troupe qui se repaît d'avance de ma souffrance. il y a toujours bien assez de rapaces pour contempler satisfaits vos dégâts magnifiques. je les sais, les sens, reniflant le cul de ma disparition, ces joyeux pousse-au- meurtre de soi. grand bien leur fasse tiens! ils se saoulent avec pas grand chose. ça se chuchote leurs diagnostics, combien de temps encore, tu crois qu'elle va tenir ? combien de temps encore avant qu'on se régale? venins faciles à la seringue bien propre. tout cela mêlé de ces encens de compassion hypocrite qui enveloppent de leurs opacités les drôles de tortionnaires.

le mal n'existerait qu'en soi-même, création de l'esprit.... allons en choeur le dire et le clamer à nos juifs partis en fumée, à nos femmes de la Terre entière sur lesquelles les tyrans lisses d'innocence s'essuient les pieds à la petite semaine!...

 

voila la pluie et avec ma colère, qu'il faut bien verser aussi histoire de ne pas pourrir noyée.

sentiments floués, la balance est comble. le ciel comme moi en a trop.

je hais ces leçons de vie qui ne produisent que de la souffrance de la souffrance de la souffrance...

 

 


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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 07:58

 

musique: Gavin Bryars concerto pour violon /Farewell to Philosophy

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 06:42

ajoutons à l'incommensurable bruit

les outils de la nuit

 

jeter ton pas dans le tronc rieur des poètes morts

piécette des fauves missionnaires

 

de ma bouche aux minces prophéties

c'est l'oracle mendiant des suppliciés de l'ordre

mettre ta voix sur les cintres de l'infini

m'en démettre

épaule d'infortunes

 

usager des grenailles et des éclats

tu as noué ta corde de rappel à l'air

pour des reprises à ta mémoire

tu le savais bien sûr

en jetant ton coup d'oeil de l'autre côté, avant le jour

qu'il allait me falloir des plantes compagnes

-orties sureaux menthes- adossées à mes murs

le nécessaire de soins du lierre de ta voix

 

ajoutons à l'incommensurable bruit

les outils de la nuit

il n'y en a pas trente-six

seule la transparence

et ses punaises noires sur noir

tenture magnifique dont tu comptais les trous

les mille canines des chiens qui troussaient ton voyage

et que tu déposais une à une en collier sur mon cou

 

t'avais l'idée d'être un chasseur de hautes plaines

chasseur d'intenses

et de claques sur la gueule

t'avais la paume large

et la fessée sublime

après

tu ne lavais jamais tes mains

la plus infime particule d'humain te tenait trop à coeur

 

ajoutons à l'incommensurable bruit

les outils de ma nuit.

 

pour alain simon poète disparu

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 05:13

nous allons

trempons

broyons

nos composites célestes en fusion tête-bêche

envers contre endroit pour laisser une chance à la saillie

joindre les deux bouts de la Terre

marchons à l'échelle ou à la benzine d''obstacles

tu tombes souvent grêles de colère

et je tire mon estagnon de coquille en désert

nous sommes des enfants

des humides revers

un peu d' eau bénite coupée d'un vin obscène

l'eau, l'air, la terre le feu se cherchent des ennemis

nous en serons les boxe-partners

gras de sueurs, ajustés fuselés au combat

la mêlée

seulement la mêlée

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 04:47

le cahier se remplit, filet ramenant de la nuit entre les pages.ces chenilles, ces insectes sortis peu à peu  du mur noir des songes, sur la feuille, dispersés ayant trouvé là, leurs petits sarcophages de syllabes. ils remplissent ainsi des espaces, talochées de paroles contre le silence. tout alors semble former un état, un pays où je pratique l'errance naturelle.

 

nous allons coudre nos bruits

dos à dos

tu porteras ma bosse

je soulèverai la tienne

la nuit notre seul repaire de boucans mal dressés

m'en vais consolider le cri,

nos ébréchures, le cristal quand passent les tornades

à la buée de feu

ce sont les saisons de la pluie et ses aiguilles de lumière

nous piétinons le jardin d'étincelles

alarme de rizière sur le bitume

rien ne pousse

qu'une rumeur

la jute sale des paillassons de l'âme

le bruit des tuyaux, les canaux bavards qui marchent sur le toit,

inondent nos communs

 

il pleut de la nuit

la terre devient crépitements de feu et nous...

nous agitons les crécelles du dire.

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 05:29

le lit est une place où se donnent rendez-vous le sommeil et le désir comme deux faces d'un même masque. je plonge ou me noie. le sommeil est le plus fort de mes désirs. je dois le rejoindre comme l'unique issue à la dictature du travail. je réalise à quel point il est devenu le mouvement unique de mon existence et le travail celui qui va à l'envers de moi.

j'aimerais écrire dans le noir. entrer dans le noir intérieur. prendre d'assaut tranquille cette place avec ma plume. prendre vie. accéder à tout ce qui échappe ici au possible et prend là-bas consistance et mon corps noir.

et combien je répugne de sortir de la nuit avec  dans mes souvenirs une image pareille à celle de l'ordinaire. rêver de choses aussi semblables que celles vécues le jour et ressortir alors plus lasse de tout encore. c'est le cas ce matin où j'ai laissé dans le lit une massue laborieuse.

parfois cependant l'esprit se déshabille, le corps s'amollit et se rend frivole, visite des mondes aux battements de cils. décors parfaits de détails en détails. j'imagine alors le poème que j'écrirais, vivant dans cette autre existence une plume à la main

 

le pilulier de la nuit vient de cracher son sésame

limen des énigmes quand on traverse

les paupières closes

est-ce toujours dans ces choses fermées que se trouve la vraie clarté

passer la chair

passer le pont de sang qu'on ne franchit qu'en se coupant au fil de l'épée

passer d'un seul épuisement d'épaule

dans cette infinie faiblesse

la grande force qui ouvre le secret

et passer

avec sur les mots la robe du silence

 

ton nom je crois

  amour de profundis

énorme guerrier devant mon coeur et le noir.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 05:53

plongeon dans la musique. suis d'une terre joueuse après tout. notes suspendues entre la bouche et le geste, suis d'une sorte double dont les corps rudes laids sont habités d'une grâce de la gorge.

ne pas l'oublier, rester donc dans la foule choriste et renoncer plus aux messages qu'aux chants. dans ma poche, le petit lecteur qui dialogue avec ma respiration. il met sur le jour l'habit léger que je n'ai dans presque aucune de mes actions.

parfois je ne sais pas si regardant un film, je ne suis pas en réalité incapable d'en saisir le fond sans l'aide de la musique qui révèle pour moi ses énigmes. oui le film est une vie tressée de musique, exactement comme j'aimerais que la mienne soit.

dépit cependant - ou alors est-ce une vraie chance donnée aux mots, comment le savoir?- je suis devant la partition comme devant les cartouches d'Egypte, exclue.  l'exclusion est une récurrence. ce qui se répète, se redit, revient, ce mouvement de retouche dont il m'apparaît de plus en plus qu'il fait ma vie. mais redite de la surface, de ce que je suis apparemment, de mon apparence, poncée limée des mêmes croûtes comme un sarcophage vide dans lequel je ne suis rien.

d'ailleurs, de plus en plus je me soumets à cette évidence, cadeau des liens rompus,  que ce sera des définitions exclusives que je devrai me vêtir, ce pesant de caillou, chape immortelle pour me vouer à disparaître. faudra bien décider si je suis ainsi, coeur de pierre dans lequel s'étouffe un air de mutisme et agir en conséquence.

la musique libère la saison, elle, comme des mains écartant les phalanges de la cage. je vois glisser la brume de l'amour avant ses dissipations inévitables, les mutations de la buée  en gargouilles, en flots de guerre, en lances dans la version rouge de la Terre. alors la fin de la musique...

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