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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 18:14

theatre.chelles.fr.jpg

image sur théâtre.chelles.fr

 

folie est danse

épileptiques javelots de la transe

folie tient haut le pied le bras et les écarts

jambes qui claquent avant chaque nouvelle prise

folie de la pointe, je danse sur la langue

et toi ton sexe

que l'axe de la Terre se le tienne pour dit

danse de l'intérieur des territoires

désarticulée, comme les ombres

sous les courses du soleil

grands arbres agités courant sur l'herbe

à la poursuite des balles lumineuses

folie est danse

corps mandibules et ces pinces de kératine dure cisaillant l'étrange

prise je suis dans l'abat-jour

je grésille mon tour aveugle

qui saute de la vie dans la mort à répétition

folie est danse

lynchage en désordre des transparences

sans fin reconduites au gibet du ciel

et les troubles de tant de danses de salon

 

poème dédicacé à qui voit

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 19:41

air

L'intérieur de moi est comme drapeaux de prière, fines bandes blanches accrochées à un jonc, sortes de tresse de libellules fragiles et transparentes soumises incessamment au message du vent.

Je n'envoie rien vers les dieux, mais dans ces filets flottants j'essaie d'attraper les poussières du soleil, leurs mots d'amour,  ce qu'ils sont censés être.

Devant moi la montagne, la verdure et la caillasse qui montent jusqu'au sommet du monde, les yeux bridés dans le froid des hauteurs...

Et tombent du ciel les ailes noires des oiseaux, leurs piaulements de mort et de peur, jusqu'à ce qu'au dernier instant les colonnes d'air les aspirent à nouveau.


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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 20:51

tu m'attendras

.... m'attendras- tu?

 

-peut-être

-bien entendu

 

dans un jardin d'orages et de paille

je viendrai en voilette parce que ma mère l'a dit et qu'il fait désormais un temps à sortir sa mère

je marcherai sur l'eau, oh oui ! elle aimait trop Jesus

ce sera léger

de la bulle d'acier solide et ronde sans jamais éclater.

 tu nous aurais pointés avec ta visasse

tout près de moi

ou alors tout près de toi

de ce banc

sur  lequel tu dors tes mains dedans les yeux à y penser bien fort

 

tu murmureras

 ...murmureras-tu

 

-peut-être

- bien entendu

 

une litanie d'identités,  de mots à ruminer

qui voudras-tu créer nous sommes tant à vouloir venir

cela presse dans ton crâne  dans ton pouls dans ton ventre archer

qui mettras-tu au monde du loin de ton désir

ce sera fort

de la sève de racines de dessous ta vie de l'arrière histoire

tu nous aurais levées avec ton audace

à force à peine

à pleins feux de vie

de l'élan

dans lequel je dors paupières closes à me chercher bien fort

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 19:31

castanet

 

vous le raconte, à vous lecteurs, parce que ce sont des choses qui peuvent bien -n'est-ce pas?- brûler en vous comme une autocombustion, destructrice, et qu'il est bien peu humain de devoir le vivre sans épaule pour recueillir ce chagrin. c'est comme une lettre vers vous, pour m'alléger. prenez-la.

 

ça y est. le clignotant du téléphone ne va plus s'arrêter.  il va battre des cils comme ça dans mon couloir jusqu'à ce moment qu'il faudra bien me décider à vivre.

je m'y attendais, j'y pensais depuis longtemps, plus d'une année peut-être mais l'instant a tardé, avec bonté, avec patience oui,  il a tardé à venir, à se mettre au travers de ma gorge et me contraindre. pourtant ça y est. il va falloir le faire. la bande enregistrement du téléphone est pleine et je vais devoir l'effacer.

je n'ai pas reçu beaucoup de messages, non. vraiment bien peu: le premier date de février ou mars 2011. et c'est sa voix. il me parle,  me dit peu de choses mais c'est le son de sa voix, son timbre, son humour, cette moquerie familière,  qui traversait l'espace. qui traverse  le temps et la mort maintenant. sa voix qui annonce encore et toujours  qu'il rappellera, qu'il va rappeler. cruauté de  hasard. oui en effet, le rappel a battu cent fois sûrement depuis. oui, il se rappelle sans fin à moi, voix gravée sur la bande pour un impossible oubli, une mort réfutée, le lien qu'on ne peut abolir. ces coups de fil remparts ultimes contre l'abrupte disparition.

 

je vais devoir me décider. presser le bouton "erase", faire disparaitre mon histoire, envoyer l'ami dans l'éternité, l'amour dans l'intouchable silence qui m'est si douloureux. je vais devoir le bannir, le gommer de ma vie, l'achever, d'un doigt sur la gachette.

me sens dans la peau d'une assassin. je m'inflige une perte de plus, je coupe le pont de l'épée. il va partir d'un mouvement vers le tas de mes oublis. sa voix  que je réécoutais parfois pour le bonheur de cette présence insubmersible..devenue silence.

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 18:32

je ne vais pas aller jusqu'à la mer pour ces souvenirs à y jeter.  c'était là-bas que je devais les rendre à la vie ou alors à la mort selon sur quel bord de l'océan on se trouve.  faire ce voyage me ferait peut-être bien oublier et oublier je ne veux pas. on avait des projets de barrières sur lesquelles nous asseoir, regardant l'imprécis,  le futur, ce qui nous attend..

 

usage des taches le hasard écrit sa musique.

on jette sur l'épars on amasse sur l'immaculé.  des cendres ou de la bave, quelques notes ou du vin.

il faut ensuite attendre on ne sait quel accord  entre  des fibres amantes, des noyades définitives, des recels de fond de tiroir.  la soif  minuscule du coton d'un chiffon ou du tissu des pierres.  

taches des fleurs qui naissent sous une pluie soudaine. taches d' une bouche invisible qui s'ouvre et nous baille une image. je regarde je vois.

écriture parallèle des gestes indiscrets, codages ou indices. une encre de maladresse et de rupture m'écrit . . le monde m'écrit sans cesse et ma blouse est bien sale. je trace alors des lignes et des marges, je disserte sur ce disert venu comme un extra. j'épie les paragraphes des souillures sans grammaire. c'est beau comme une idée que je ne sais qu'oublier.

 

ensuite je nettoie mais  toutes ces auréoles qui me font un passé...

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 18:57

lui

à chaque horizon que je promène, la laisse dorée d'une ultime lumière

le ciel siffle le vent qui passe

et j'ai dans le dos

un vieux baiseur tendre

 

il pose

 

séduire encore la main à la dernière visière

l'éblouissement définitif

recueillir l'échappée des moineaux de tripes

le furtif écrit de l'amour des proses littorales

à la recherche de ce goût salé sur la langue

une raideur inhumaine qui porterait mon âme jusqu'à  l'eau

et ma nostalgie des grandes inconnues

cette approche d'un demain sans oiseau

 

bien sûr vous ne voudrez jamais me sauver de moi même. on ne demande pas ça aux humains, c'est un boulot pour les anges. que je doive le faire à ma façon aux deux moignons de bras, c'est bien ce qui est de l'ordre des choses, mais je suis si lasse d'être radeau ténu entre la vie et la mort.

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 19:29

tu ne vis pas parmi mes hanches

mais ton front posé contre ma bouche

ensemençant les steppes du poème

j'écoute grandir une souris qui danse 

quand nous mourrons ainsi  accouplés d'épaules

à remonter chaque nuit et chaque aube

nous tentons de regards affamés

d'écarter la vie

d'y voir nos ombres

nos portées et la longue jupe des heures trépassées

on balise l'amour à l'envers

mais seuls nos rires s'embrassent

bleus

ô temps bleus

je renâcle à te laisser mourir

je renâcle temps

 

Tomas Tranströmer

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 21:16

...jamais traîner dans les remparts de l'écho,la fuite des fumées  que je vois s'enrouler autour du doigt.

l'amour est un étrange bruit qui serre mal à mes couloirs d'os, que la tristesse montre et dessine,épreuves de sables dans l'acier des jours.

ne jamais poser la barque à bordure d'épaules, étrave de vertèbres toujours salie d'écumes, ces restes comme aux mouettes dans les zips de l'eau.

on me jette le pain doux,  déchetterie des anciennes fleurs des bouquets ficelés de chanvres et de lanières, funérailles des graines,  ou du poème peut-être

et du vent que j'ai entre les joues

repérer ces envoûtements de mirages agités sous ma soif..

fuir bien sûr et tracer à la craie le cercle des silences.

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 18:05

c'est un jour à pousser la mort dans une brouette de jouissance, bien calée, fesses au gel d'un gentil tombereau de grêles. elle attendra encore un peu, j'ai le bras mou pour la tâche ultime tiens...   un soleil,  comme un dôme qui trouve son église après avoir essayé toutes les casseroles du monde

soleil, broussailles de lumière, j'en ai partout qui fait des zébrures et me sectionne l'âme aux quatre coins, parce que ça hache la peau.

je m'affole de la blancheur, monde interdit, fausse croyance. je cligne de l'oeil, c'est l'accommodement naturel des espèces incompatibles. "cameleone adaptabile".

je vais en avant dans la direction de la nuit. tu es dans mon dos. comment nous faire des enfants ou à peine un vrai poème, avec une telle mauvaise volonté de l'astre des chaleurs? je porte Isis à la boutonnière, vache et lune et toi tu craques sans fin des allumettes, tes zestes de lueur. 

mais je m'assieds, je prends mon bain de soleil. faudra me féconder par la bouche et les lèvres, lui dis-je.

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 20:42

 

 

nomade chemin des murs sous l'onde du doigt

je tourne ainsi

ronde de barreaux avec bâton

pour monter à la tête des ritournelles d'encre

des bracelets des ceintures le noeud coulant du ciel

en haut trop haut encore mais j'approche des ampoules

Dieu est un réverbère

 

je visse ainsi la nuit à la grande tenaille

je visse et me visse pareil

torchère de lambeaux

à la boucane sourde

ce sont les mots qui gagnent la bataille

qui n'ont pour surgir que le jus des entailles

mots refuge, corpus des étreintes

petits supplices de la roue des jours.

 

les mots lentement prennent leur rôle à coeur, font présences uniques,  des éruptions dans les geysers du silence. compagnie des pilules douces amères, me poussant en petit tas vers mon épave.

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