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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 20:51

femme-mendiante4.jpg

 

 

Cher Stefan Z.,

 

Cette vie. Ai-je besoin de te l’écrire ? Vas-tu seulement la lire ? Ou alors glissera-t-elle parmi tes invendus, tes rendez-vous, tout ce quotidien qui est ta matière ordinaire… ? En ai-je l’envie, le besoin, la nécessité ? Maintenant ce n’est plus pareil, à force. Il y a des sentiments qui prennent des allures bancales de n’avoir jamais été prononcés avec un peu de justesse.  Le mien est devenu si sale, si déguenillé qu’on peinerait à le reconnaître. C’est une vilénie, c’est l’amour moche dans toute sa splendeur. Quand on le voit on ne penserait pas qu’il y a eu  parfois comme du poème, de l’organdi, entre toi et moi... J’étais presque aussi douce qu’un courant d’air, avec des rendez-vous, du mystère, j’ai même été légère,  comme une image ! Maintenant je suis une tache sur l’ombre et une ombre au trottoir. C’est plus la même chose. Avant j’écrivais des lettres oui, c'était facile. C’était comme un flot, te parler, te dire, t’aimer comme ça à même le papier. Maintenant je dois toujours beaucoup me relire, tracer, effacer, élimer. Mes phrases  tremblent, elles n’ont plus rien de sûr. Je leur trouve une sale gueule à peine sont-elles venues. C’est pas vraiment leur faute mais le cœur n’y est plus. J’ai paumé ma grammaire, le fil de mes envies. je racle mes journées sur le dos de la vie. J’ai le délire dans les mains et plus de tamise dans le cœur. Aussi peu de désir ferait-il un message ? Ben non, bien sûr que non ! …Je vais pas racoler de l’amour, la sueur  de quatre jours, l’haleine à la vinasse et mes cheveux par poignées dans la crasse. Je pourrais oui, je pourrais… j’avais un sacré don pour ces choses, j’étais Shéhérazade. Plus d’histoires, tu peux pas. Mon cœur t’appartenait, c’était une réserve, un pays. J’étais un poète allumé nuit et jour. Maintenant crois-moi, y a plus souvent la rage, la peur et le silence tout au-dedans de moi. Si j’avais à les dire, cela ferait un sacré cri d’oiseau en train de mourir : J’ai les bêtes, oui j’ai les bêtes. Tout le long de mon dos. Je répète, je me répète. Il y a parfois ton prénom comme un ange qui passe pour faire éclore la langue. Dans ces cas-là, y a toujours un gars pour se foutre de moi. Je ris bien sûr !  Faut bien cracher l’amour par les trous de gencives, pas tout garder dedans, partager quoi…

Heureusement quand tu passes,  tu me reconnais pas. Tu vois pas mon visage, je le cache. Ton pas, ton pas si grand si long qu’il m’enjambe en une fois. Et moi là en bas… oui, c’est drôle. Après, quand je ne te vois plus, quand tu tournes juste à l’angle,  je pense au fond de moi… Et si je n’y pensais plus, si je n’y pensais plus,  je pourrais quitter cette vie parce que rien ne m’y retiendrait plus.

Signé : une inconnue

 

 

 

texte composé à la manière de L. Suel et inspiré  de ce qu'il propose dans son blog http://academie23.blogspot.com

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 16:26

decoupoir.jpg

 

 

 toutes ces choses dont l'absence me fait contour. je suis née à l'emporte pièce avec je ne sais quelle ombre pour me faire figure. je suis née par défaut, par le vide j'imagine. je n'ai que le périmètre pour me donner visage. dedans vous pouvez mettre le doigt, le poing, tout le corps même. je suis le houlahop du ciel, je ne tiens que de ces déhanchés, ces manigances agiles, à mi chemin de vos désirs, à mi chemin de vos idées. vivre sur l'ellipse ou la danse, peut-être faut- il appeler ça un passe-temps... ou alors poésie?  parfois qui sait qu'en j'y mets un peu de grâce

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 06:36

les couvertures parlent un jargon d'anges en plein labeur. ils chuchotent sur le mode  plain-chant des cancans d' oiseaux. chacun porte ses pierres au nid, des bois doux des lacets de poussière

c'est ma paillasse, le lit des idolâtres.  ils y déposent  les œufs fragiles de l'amour sans coquille  

le jaune d'un œil de hibou le cri blanc d'un gerfaut avant la pluie 
 
sous le duvet, j'ébroue les âmes du violon 

j'ouvre  le sac de clous d'un tapissier œuvrant pour l'éternel 

les ailes s'écartent  

l'harmonie passe


dans une antre de toison  on recrute le chant des oiseaux qui ne naîtront jamais 
 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 18:36

Que je grimpe les rideaux  de tous ces foutus souvenirs et je me sens ivre de n' en saisir aucun.

Je fais de ma pensée une cage , une cage  morbide et puis douce aussi, tellement, qu'il me faut sans cesse y revenir? Quand bien même

Je prolonge de vieux orgasmes en trajectoires. j'y'aurais perdu un savoir primordial, une formule, une martingale quoi, un simple mot d'amour…Je refais ces détours, ces virages à angles obtus, je ne sais plus. Et quand je m'assieds sur le lit et que je sens venir le triste sommeil, je me dis encore ouf, il est temps d'oublier!


Le vainqueur du passé, ce n'est pas moi. Oh ! Que non ! C'est le coma, l'amnésie et cette sensation du cerveau qui cuit ses os et ses épines. Je tremble ou alors je visionne des mirages. c'est flou  et  je trie l'eau des flots de la rivière.

 

L'amour est à la perce . on sent inévitablement une montée de ruisseau, un jeu de source qui vient. La gorgée de l'éponge est bien meilleure que n'importe quelle bière ! Je n'hésite pas. . Je suis de ce monde-là, du désert humide.

Les femmes devraient plus souvent ouvrir leurs cuisses, le ciel se chargerait bien volontiers de caravaner leurs fleuves.  Je ne désespère pas de mon jardin mais s'il y pousse quelque chose, ce sera des poissons et des quartiers de cerfs. 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 12:12

je ne sais quels mots choisir. c'est plus que du tri c'est de la mise au tamis.après je secoue, je laisse macérer. parfois il n'y a rien qui remonte. j'approche dangereusement des vibrations en- dessous de zéro. je fais du solde en négatif. quand j'ai plus rien (non ce n'est pas une faute, c'est bien le verbe avoir et le complément plus rien sans négation ), aucune histoire ,je creuse encore le déficit  et je m'enfonce dans des espèces trébuchantes. je m'encouble par les racines. parfois,  je n'ai que l'embarras de cracher ou d'avaler. tout cela sur la langue. quand c'est comme ça, quand je sens le verbe, l'indigeste verbe -aimer-  presser sur mon estomac, que c'est tout un langage avec au ras des oesophages, le tribut cannibale je me tais je serre les dents, j'oublie je garde pour moi. il y a assez d'oiseaux pour semer les noyaux

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 06:38

brasse et bande mon vieux... trompette, cymbales, le noir, le blanc... touche à tout, fais mousser les cordes, clampe la vie à la danse. avec ça je foxy trotte dans le matin allègre. je tente une grimpette sur les murs, l'espalier de tous les membres. donne le ton, articule les accords et les couacs, décrispe les décibels, je t'attends. on regardera passer la mort et sa joie toute jaune dans la rue, cela n'empêchera pas nos fréquences sordides, nos harmonies de casseroles, nos amours à bretelles, quand toi et moi on grince nos pas dans les patères  du septième ciel, ton cri au ras du sol, lourd cheval et le mien corde pétée à l'archet.

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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 05:25

 

l'eau du bain remonte, des rumeurs profondes du jardin, traverser maintenant ma part d'ombre. je m'étire. c'est le barbotage des grandes personnes. un peu d'huile, des sels et soi- même au milieu. je frotterais bien jusqu'à offrir à ma peau des osmoses aquatiques. et si mes fibres rendues plus humides je sortais de mes ablutions, -enfin!- poreuse, l'armure mitée prête à des failles, à des voix de fête? et si...

 

je glisse vers les sous couches, j'échange mes éléments, pelisse contre couverture d'écailles.  j'arrache mes pelures. on dit que  cela pique moins aux yeux avec un masque et un tuba..

je trempe entre ce que je suis et la vie, un instant peut-être perméable  qu'il faut vivre  poumons serrés et yeux qui respirent.

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 18:16

il a dit que Dieu fait l'amour la lumière allumée. c'est à la torche qu'il faut chercher l'autre peau, entre huile bouillante et huile peinte, quelque chose qu'on fait pour déchirer la nuit, et le froid aussi. il y a un urgent besoin de remettre la chair dans les mains du poète. il connaît, il connaît. c'est le feu à la baise qu'il tient debout, plus proche des cendres que n'importe quel humain mais le seul en bûcher et en incandescence à veiller la prière.  ce n'est pas demain que je serai apostat, ce n'est pas demain que je serai infidèle. oui, je remets mes missels entre ses doigts. la liturgie je la pratique sous son poids de désir.et de mots

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 06:48

fomalhaut.jpgpas grand-chose à raconter. je suis encore en vie.je dois avoir l'âme encore bien lacée au corps et  elle est restée dormir avec moi. je l'ai presque sentie respirer alors que Shostakovitch rebouclait son concerto pour piano pour me bercer. je suis encore en vie et même pas peur!  ce sont  les équi-noces,  la balance parfaite où vont se peser  les pulsions noires et blanches.  Fomalhaut se lève à l'horizon du ciel, c'est mon étoile à moi, ma galaxie, le fond de mon oeil. je suis une femme et c'est nous autres les flammes en creux, les bouches sombres,  que l'on peut voir ainsi fusillées dans le cosmos. regarde, c'est presque Dieu dans la serrure. à cet instant des saisons, j'ouvre les bras. la marche sur le fil est plus légère plus facile. je ne penche ni à droite ni à gauche. rien ne me tiraille, ne me bouscule. j'ai autant d'eau que de terre, l'harmonie disséminée jusqu'à l'extrémité des doigts. en cet instant, merveille inlassable, tu dors entier dans mon corps ta silhouette d'homme, à fleur de peau. rien ne déborde, le ciel est d'accord, ying et yang  dans le coeur éternel de Fomalhaut.
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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 13:01

 C’est à peu près une histoire de vents, ces gabarits bétonnés que je plante dans l’instable. Comment faire sérieusement des statues avec des cuillères de poussières. Dompter les lianes J’étiquette les souffles,  je les épingle consciencieusement dans ma collection d’éphémérides. c’est le press book poétique. Avec un buvard sous la main et tout au propre et en couleurs, je catalogue ces choses sans importance qui me font croire être plus légère que subtile, bien au-dessus du cyclone. Qu'est-ce qu'il s’en moque l’instable, il travaille le déséquilibre et s’en contente tandis que je songe l’amidonner de poème

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