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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 17:43

 

 

 

les couvertures parlent un jargon d'anges au labeur



ils relisent en choeur les modes, les couleurs et les chants des oiseaux



ça fait des pierres au nid, des concrétions de bois doux enlacés de poussières



pour y déposer des oeufs fragiles d'amour sans coquille



le jaune d'un oeil de hibou, le cri blanc d'un gerfaut avant la pluie






duvet alourdi qu'on ébroue



pour ouvrir le sac de clous d'un tapissier oeuvrant pour l'éternel



les ailes s'écartent



il y a des soupirs de ventre qui revisitent l'air



et la bête ouvre son bec d'or pour une sortie de nuit



c'est là, dans une antre de toison que débute le chant des oiseaux qui ne naîtront jamais

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 14:40

enchantement-dans-la-stricte-ouverture-78.1238872038.jpg 

 

 

bien  souvent écrire se résume à essorer des pierres. je distille à l'eau de cailloux des alcools qui m'enivrent raide morte et me laissent comme une toupie avant la chute. alambics clandestins à tous les débours, j'active le brasier, choc d'étincelles. des mots toujours se font la guerre et s'aboyent contre jusqu'à ces flammes qu'il faut ensuite très vite enfermer dans la page... nouveau feu de brousse. 

et surtout cette urgence terrifiante qui est comme un troupeau de buffles dans le ventre et qui roule roule roule.  une telle force à cette fuite en avant qu'elle est tendue de pièges. j'ai mal à l'inutilité qu'il y a là, que je sais parfaitement et qui me conduit au désastre. je suis incapable d'échapper à cette migration de mon ventre vers l'extérieur.

l'air se fait rare dans la chambre. il faut alors regarder dehors où se déchaînent les arbres et leurs violons silencieux.

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 15:55

m'allonger dans le bruit, le boucan du défilé. notes qui se défigurent lentement et se transforment en charabia de la musique. les gens s'agglutinent, effet de masse, de troupeaux. le monde cherche le monde, se flaire.

me tiens sur le canapé avec délices. échappatoire générale par la tête, yeux mi-clos à rêver à d'autres choses.

il y a autant de voitures que de personnes. monde envahi malgré le froid pisseux du vent. des cris, des tambours, des costumes très laids la plupart du temps.

distance imposée. sais pas me tenir dans l'ensemble. le monde je le crois de plus en plus va par deux, partout. quelques électrons libres je suppose quand même, qui se collent à d'autres entités. familles comme l'on dit, amicales des grandes tablées ou clubs des bas morceaux. que sais-je?

je tente de me projeter quand même, de m'immiscer dans le tas. je visualise l'effet de serres, l'étouffement, la gêne respiratoire tandis que sous l'énorme cantine, les bières valdingueraient de bras en ventres

on appelle ces fêtes des "girons". grand rassemblement des musiciens de fanfare. ici autant dire que toute la population du district est concernée. chaleureuses perspectives de soûlerie. la moitié sera ivre dans quelques heures. avec raison je pense.

mais soudain dans cette foule en rangs soignés au cordeau, une voix qui s'élève, forte puissante  gouailleuse harlem. un homme plus fou que tous les autres  ressuscite Satchmo, soulignant avec ironie et légèreté notre raideur et notre façon empesée de célébrer le monde et la vie.

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 17:31

la clef tourne. le mur, le désordre orange du hall d'entrée... mon corps dans le miroir. mes yeux croisent mes yeux. rencontre détonante. est-ce moi? est-ce une intruse inconnue qui sortirait d'un jour de travail caché, de l'autre côté...? je ne me dis rien, distance terrible. l'intérieur ne sait pas cette femme qui dépose ses clefs, qui lâche son sac et semble fuir dans de multiples gestes... l'extérieur s'active. "que fais-tu?..." se glisse entre les deux.

la pièce est douce et chaude, quand dehors j'avais froid et une impatience physique de rejoindre mon confort. mais c'est maintenant que bascule le temps, le monde d'avant, maintenant que la clé a tourné, que la Terre fait sa demi-rotation sur elle-même. je tergiverse je respire petit. je m'attends à du bruit, un rien de bruit, même des mains qui écaleraient le silence. mais la maison se tait, si calme. la porte de la chambre est tirée, légèrement entrouverte quand même. et c'est là qu'est mon rendez-vous, qu'il se cache, se tait ou se repose.

je n'éprouve aucune crainte. rien. ne ressens que la conviction de l'instant. ai reçu de lui assez de mots pour comprendre.

pour dénouer mes angoisses, il m'a envoyé une photo. de lui, nu debout, planche de contact sobre et pure, pour m'assurer peut-être de la blancheur de son être et de la droiture de sa chair. il regarde dans mes yeux. j'entends qu'il dit"voici le corps qu'on m'a prêté pour te voir, le reste tu le connais de toutes nos autres vies..."

la photo est sur la table de verre. le corps est dans mon lit

c'est la seule place que nous avions trouvée digne d'une première rencontre. j'avance enfin.  le vois endormi de son très long voyage et je rejoins sa peau pour la saison des nuits.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 15:01

 

 

 

ciel frileux. derrière un mur sans fin. les bouquets de pluie se dissolvent,

je tente couchée de rattraper la vie. soleil noir de couverture, chaleur handicapée. je me serre contre moi-même.

 le chat pousse ma plume. il semble plus inquiet encore que moi de ces froids qui ne passent pas. aucun projet n'émerge de la terre. je suis rétrécie moi aussi  jusqu'à l'état de semence, picotin de deuils et de fêlures dans les averses. avec un mal diffus dont je n'ose pas prononcer le nom de peur de voir éclater les dernières membranes des lumières et chuter les tensiomètres.

je crée des émotions comme des origamis japonais, sans cesse. des intensités de la pierre aux fumigations des astronomes. émulsions macabres, eau et huile de feu,  pollens d'amour que je disperse aussitôt de crainte d'entendre le rire jaune de l'enfer.

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 14:29

Tirage poker. Le gobelet me crache : comourants. La mort maltraite donc ses héritiers et se presse de régler ses comptes ? Nous ne nous succèderons pas plus dans la vie que dans l’esprit voyageur. J’essayerais bien de tenir la main du hasard pour passer sérieusement sur la poutrelle. Galopade aux pieds nus et paumes de magnésie. Cette  existence d’acrobate.

Je secoue encore  et voilà le  hasard. Roulement spectaculaire pris entre has been et haruspice. La grande Compagnie du temps. Passé, présent aléatoire et futur dévoilé, ma lignée ne s’endort pas. Je baise de mon front la sagesse des surprises et des jeux de poker. Elle est époustouflante.

Coup de sac à nouveau. Lévigation, acte de se rendre lisse. Tout de suite l’eau, l’eau  qui me détache. Quelques rugosités, -les rêves voyons- qui collent à l’esprit, à l’instinct aussi. Je décaféine mon âme. Restes sombres mais plus de venin et juste l’apparence… ?

 Pomponner maintenant, presqu’une ironie au vu des premiers tirages. Entre temps,  faut dire que j’ai rompu le charme et mangé et même un peu trop. Le jeu me parle de toilette en brindilles, de gestes de houppe et de poudre. Prendre soin du masque couverture de propre sur le débraillé.

Enclouer. Ma chance sous le sabot, qui me fait une blessure. Dure corne que je dois au  manque-bonheur, mal engagé,  mal  enfoncé, la viande de la marche qui « enclaudique » le parcours. Malchance, j’ai mal à ma chance, cette porte avec son clou et ma veste pendue là-dessus.

Secouer à nouveau le cornet à dés et voir naître radiolyse. Je m’étonne en somme qu’aucun mot ne me manque. Tous arrivent à leurs fins, suivant des corridors  ou des parcours étonnants. Radiolyse. Est-ce que je me décompose sous l’effet du rayon, lumière chaleur onde. C’est bien cette atteinte qui mord la vie, l’invisible dépenaille et désolidarise. Dedans il y a des sentiments qui ont l’air maintenant de ruines et de délabrements.

 

écrire. Même quand rien ne me vient.  Ma lessive toute pliée, mon temps récuré. Après les zones de rage, avant les béances mornes de l’œil du cyclone, même là, dans ce béton lissé, je ne peux rien d’autre qu’écrire.

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 17:31

je me pince. je crois que ça vient. je sens que je suis raide, que c'est tout sauf de la vie et qu'il y a du givre. sous les veines. je verglace en spontané, léger différé peut-être. le temps de sentir ces incarnations de gel irradier mes jambes, mon ventre. floraison par la terre des feuillages de glace.

je crois que je sens.  la peau s'alourdit  définitive incarcérée dans la tôle, dans la pierre peut-être, dans la pierre sûrement. le corps ne parle plus que le langage du sable. il goûte à l'ensevelissement sans douleurs.

il prend une place imaginaire considérable. ses pourtours ne sont sont plus que des illusions de forme et de dimension.  je le dessinerais du doigt, comme un gros lange de béton, une borne couchée  et mon cerveau tout  au bout, frileux bouton de lumière dans l'index de l'ovni.

 

je crois que sens mes poumons qui ne cherchent que lentement l'air. par lampées de lichens.  le coffre n'a que peu de marge de dilatation, un millimètre peut-être. remplir le seau, le verser dans le thorax. puis vidanger longuement ce peu de ciel. 

fatigue de la steppe dans laquelle je veille, incluse, encastrée.

je crois que je sens la paix des morts, la paix sans culpabilité des morts. ils n'ont rien à écrire, rien pour écrire, enfin... je crois.  je ne peux que laisser faire cette lente assimilation à l'autre pays, imbrication sans lutte, entre cette conscience étourdie et ce sommeil grouillant des sépultures.

la nuit monte  et c'est dimanche

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:46

l'air, je le prends à la petite cuillère ou potion à avaler au chalumeau. dans le verre des milliers de bulles comme des montgolfières remontant de la soucoupe effervescente, pub novartis. le crâne pétille doucement dans le champagne de mes vieilles messes. dimanche encore.

 

tige verte dans le gazon, plantée parmi des tiges vertes. il y a foule dans l'arène et ce brin de folie d'une seule pâquerette...

 

et la nuit sera servie, drap blanc sur l'avant-bras et cette cloche sur la main pour garder au chaud le silence à point de non désir.

 

claquer ce livre, qu'il "éclaffe" l'air entre mes pages d'écriture. je vois un éternuement de voyelles et des postillons. je suis dans le marque-page, comme une concierge dans les étages.

 

repasser mes émotions, amidonner, les empeser encore puisque tel est l'art de bien se tenir en vie comme un art de la table.

 

noyade quotidienne. loupé mon devoir de natation. je coule et je dois maintenant recopier cent longueurs de " je nage donc je suis".

 

n'inspire aucun désir. poumons non configurés. pourtant l'emballage disait booster de poème. airs viciés sans doute.

 

quand ils disent jamais plus  je sais que ce sera toujours

 

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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 16:15

ne peux écrire que des textes courts, beaucoup, trop,  mais courts. pas le souffle,  me sens comme un mal de poumons. et puis je ressasse, moteur qui tousse, comme il apprendrait  à tourner rond avant de prendre une route. je rassemble des choses, j'accumule peut-être. je ne sais pas.  je finirai par sortir de ce sillon mais je ne sais pas  ni encore quand.

mosaïque de mots, d'images. vérification sans fin des outils. inventaire, étalage. vérification maniaque à nouveau.  comme une préparation de sportif. il dira ou déclarera forfait  je ne sais pas. ni encore quand. tourne alors détourne retourne.

j'aiguise des  crayons, nettoie mes gommes. je prends, je reprends, je quitte, je viens et reviens et pars. mouvements, exercices sans doute. encore,  avant un autre départ.

matière à pétrir longuement, à chauffer, à manipuler. me faire la main, balle de force, boule de détente, boule de force, balle de détente. serrer desserrer  voir monter le biceps, un peu. pas assez encore pour ce que je pense devoir soulever. recommencer

je me jette dans le bref, une cisaille un trait simple pour le dire. je récupère les osselets les mêmes, je jette à nouveau. destin qui s'énonce. destin qui se tait.

 

triture, obture... y a des mots comme ça. besoin de les décomposer, disséquer, de les poster  une fois vigies une fois fuyards. .  et puis les remparts au ciment frais. taloches pour épaissir le mur.

j'y percerai peut-être des  pays.

ma vie n'a aucun sens que d'écrire. et rien encore ne m'assure de vivre vraiment. je me prends pour un poète. costume ou vérité masque sans doute. l'être me faciliterait la vie, j'oserais le poème

reprendre refaire brèves commutations entre le ciel et la terre. passages sur le pont...nombreux, courts , trop....

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:51

 

 

encore un être

son pas méthodique, ses phalanges au millimètre du vide

noire, je suis noire, dit-il

avec son aune de chapeau et sa pochette de sueurs

 

il pose mon ombre sur la balance

ce pesant de paupières

cet autre côté de la tête

regarde descendre l'écuelle des mots et monter le vide de l'âme

 

il attend avec des tics entre les dents

n'ai jamais vu voler de citerne d'encre

mais la mince estafette de lumière qui me distingue de l'amas, oui

oui, parfois elle tremble

 

encore un être

équarri de vidange

tendu comme l'amarre des obus, sourire zippé avec le coup d'état

il mesure mes épaules, la carrure tannée de ma boxe.

le trou qu'il faudra faire dans le mur de ma chambre

pour y pousser ma silhouette

le sale le grotesque sali

de mon corps dans la vraie nuit.

 

à l'amour que tu es, l'autre face une braise au centre de ma main

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Zig Zag Zoug

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