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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 12:13

 

 

 

j'ai pas besoin de forcer la porte du noir... je le connais par tous les trous. il a ces fausses lumières, ces appâts de brillance, ces bleutés, ce rouge d'un sang vitrifié. j'ai pas besoin de le regarder en face, je le vois dedans, je le sais dans le profond de ma viande. il n'y a que ça. qui grouille qui gigote, un noir plein, monstrueux que je prends partout avec moi. pas besoin d'en croire plus, d'en décortiquer encore. le noir est le prolongement de moi et d'ailleurs qui sait si celui-là, contre ce mur, ne m'a pas été volé une fois? qui sait si ce n'est pas le mien exactement et qu'on aurait comme un faussaire signé d'un Soulages nègre!  je lui tourne le dos, mon encre, ce noir bitume, je le lui laisse, il peut s'y promener s'y débattre. moi j'ai renoncé dès la première incursion, dès la première aventure. là au fond, j'ai jeté mon plus bel amour et grands dieux! que jamais, jamais il ne remonte! ce n'est pas un tableau, ce n'est pas une image, c'est toute ma nuit. c'est dedans alors laissez-moi mon indifférence.

 

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 11:05

qui regarde qui...? 

 

j'ai rêvé qu'il rêvait qu'il rêvait et cela me fit rêver qu'un jour, il rêva de leurs rêves. ping pong.

un rayon de lumière a frappé au filet. puis bombardement incessant, d'une captation à une autre. les raquettes sont grandes ouvertes. j'en prends un peu, je retourne l'entier et le mien avec. cela ne cessera  jamais. pourquoi je n'oserais pas l'éternité? le monde est une table de tennis. il s'amplifie du premier rai de lumière. l' écho sonore est mué dans la peau d'un regard. transmutation sans doute des boomerangs qui franchissent soudain le mur du son!

ces visages me regardent, leurs traits de traviole d'avoir déjà été saisis... je les regarde, regarder ces autres qui les regardent et  que je regarde aussi. on n'en finit plus. et moi d'ici, qui suis plus loin encore, dans le dos du photographe,  qui ai pris ma place tout à l'arrière du spectacle, je ne suis qu'un indice de plus dans la puissance mathématique d'un seul regard.

 

 

 

 

 

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 10:00

 

il pleut. l'art est un abribus parfait. y déposer mon impatience de chien mouillé. il finira bien par y avoir  une éclaircie. déambuler entre indifférence et orage. j'avance avec précaution. je me méfie de ces endroits lisses qui couvent des trous d'air. je sais bien que parfois je fais exprès de détourner la tête. il y a des fantômes dans certains cadres, de ces appels qui m'aspirent. fuir est mon système immunitaire.

parfois je m'arrête pour mettre mes frissons de peau au diapason des images. je ne suis pas mouillée partout de la même manière. zones imperméables et puis quelques espaces poreux... par- ci par-là... dans lesquels je me liquéfie davantage. je détache mes idées, j'écoute regarder, ça m'ouvre, ça me rince.

 

- tu sais, je ne me prends pas pour un jaune

- ni moi un rouge!

- bien sûr que non...

- mais est-ce ma place, dis-moi, dans cette fente?

- on va droit dans le mur. on n'est pas tout près, tout près, mais tu as raison, tenons nos distances.

- ce truc va nous bouffer?

- oui. on sent que c'est fait pour que tout y tombe

- je me demande combien de couleurs y ont déjà passées?

- j'ai pas revu Violette depuis des jours.

- et  Garance... tu te souviens de Garance?

- ...

- d'ici je ne vois pas trop, c'est si touffu le noir!

- moi je le découpe entre les doigts, ça me donne l'impression de lui faire sa fête à ce machin

- c'est plein de traits, de coups... t'imagines l'artiste, avec son fouet de cirage!

- après ça, moi je me dis qu'on va pas glisser dans la mort avec facilité! oh! non!

- ...

- ... 

- si au moins c'était jaune

-  ... ou rouge... hein?

 

 

 

 

je ne me prends pas pour une tache de couleurs... mais qui sait? elles sont là, elles en causent, l'engloutissement devant et elles serrées l'une contre l'autre. et moi, j'ai un bleu tout autour.

 

 

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 19:29

 

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Ceci n’est pas une jarre, non, mais une grenade intemporelle posée ici avant la grande dégoupillée! Toute ronde avec ses deux jambes rouges arquées… Allez –y !  Osez  y déposer vos cendres blanches. Voici la grande urne du spermiocène supérieur, l’Histoire en cloque. Soufflez dessus. Frottez-la. On ne sait quel génie va en sortir. Mais un jour là, tout au fond d’elle, à la hauteur de son coccyx désormais privé de queue- ô mystère de l’évolution, ces arbres qui continuent d’avoir des branches tandis que l’homme ne peut plus défier sa pesanteur-  au fond, sur le cul de cette amphore, un potier facétieux a gravé la formule du premier big bang… et l’autre là-bas, qui ne sait pas qu’elle est à deux doigts de tout savoir et de ne jamais le pouvoir.

 

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 03:19

baptiste1.jpgpan-terre...B. G.

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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 10:00

litho.jpg

Paul Rebeyrolle

 

dans le cadre en verre, l'image coule. tentative d'échapper à sa cage sans doute. les saignements cannibales qui y sont retenus cherchent à glisser peut-être vers un espace où s'éclateront au grand jour leurs terreurs ou leurs cris. mais pour l'instant  la bête, -depuis des années que dis-je-, se contente de mordre au sang le bras tendu. tyran d'un autre siècle qui boulotte la fraternité des ambulances. je vois dans cet oeil si rond  le volcan et cette douleur estropiés d'une femme en dislocation. les outils d'encre et de rouge ont poli la détresse de ces agressions jusqu'à les glisser sous verre. à portée de moi qui n'ai aucun pouvoir si ce n'est celui de remettre en belle et due forme la litho à sa place. dans son rectangle de verre parfait et lisse.

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 06:18

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bascule. la balance est truquée.  les gens se baladent  parmi les monstres. les terrifiants prédateurs qui font hurler les âmes délicates et se fossiliser de trouille l'humanité. les araignées vénéneuses, les bouffeuses liquéfiant leurs victimes, les toiles collantes adhésives dans lesquelles tous nos cauchemars sont emprisonnés. populace en promenade et affrontant ces laideurs, ces épouvantes poilues. j'entends des cris étouffés, des exclamations pituitaires.  face à face avec l'horreur. 

les araignées, elles aussi , face à leurs ennemis inlassables, rétrécis, rendus à cette proportion effrayante de petitesse. vont-ils courir bientôt sur leur dos et chevaucher leurs nuits jusqu'à la peur paralysie qui les retira transie d'horreur dans les plis de leurs toiles?

bascule, la balance est truquée.  peur des hommes, grossissant le danger. et peur des aragnes devant l'ingérable humain. inversion des  sources de l'angoisse

j'entre dans la photo. m'y voilà, me glissant entre les pattes, frôlant les abdomens obscènes, le regard métallique de mes bêtes noires. je tente l'apprivoisement impossible. elles ne diront rien, ne me feront rien. aussi impassibles ici que dans les recoins de ma buanderie où elles cultivent leur  silence à mon endroit. alors pourquoi est-ce que je me sens si étrangement sur mes gardes? quelle pénible sensation dans mon dos? quel tremblement imperceptible en moi qui ronge et empoisonne mon corps. quelle sensation de fondre de l'intérieur? mais oui. là tout autour, grouillants, vifs, agités, agressifs, dangereux, agiles et envahisseurs guerriers, toujours prêts à faire monter l'angoisse, des bipèdes grimaçants, une colonie d'humains, aux crochets mortels...

 


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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 10:37

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je suis la trace du doigt.

non ..du plat de la main.

non... de tout  corps!

je rampe dans l'encre avec une sensation de creuser le noir, l'imprenable noir qui fait des trous dans tout. une déchirure dans un cadre. porte jetée contre le mur. on peut s'y glisser. choisir de serrer le ventre hausser les épaules sur la pointe des pieds. se tirer par l'entonnoir à l'extérieur de la pièce de béton, extraire son oeil de la geôle, puisque cet éclair noir vient d'ouvrir une brèche de néant dans la lumière. son corps tout déchiqueté dans ce pochoir  astral.

je sens le geste nerveux, magique, rapide, avec son énorme taloche poilue du fourbisseur d'encre, marchand  prestidigitateur  déroulant son tapis. entre!  homme blanc; prends ma porte , vas-y. laisse-toi sombrer dans le sombre inconnu.c'est ouvert.

 

et ces deux,  là devant, se tâtant, menton sceptique,  mesurant l'arnaque... où est le piège.  où est le piège?

 


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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 08:50

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C'est Francis qui regarde Francis. "tu seras batteur mon fils". il y en a "temps " qui doivent être battant et tant d'autres battus.comme un devoir de pyramide dans l'échelle humaine, avec une aspiration de sommet et la cravache pour se dresser encore et sur corps.batteur, ni vainqueur, ni vaincu, seul dans le tempo.artificier de la musique que rythment  les jours. taper sur les drums, force douceur à fleur de peaux. y aller frapper jouer moduler et entendre le bruit de vivre s'échapper  brut décoffré off drive avec cet instinct de touche puisque tout est fait ainsi sur Terre que la résonance est la seule certitude de l'autre.

Francis regarde. compris sans autre. c'est toujours par l'oeil qu'arrive le goût du tempo, comme une danse intérieure programmée au ras des cils. caisse claire cymbales tambours toute la cuisine du son, l'orchestre à portée de tripes. à la fois battant et battu, batteur assis sur le trône, gouverneur  de chaque bruit qui passe. Francis a choisi, c'est le squelette de la musique qu'il veut tenir, comme un marionnettiste mène ses marottes au doigt et à la baguette.

 

Francis Francis groupe électro qui se produira au Paleo Festival de Nyon en juillet  batteur leader:  Adrien Gaillard  http://www.francis-francis.ch/

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 14:55

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«  Je suis une nacelle  volante »

Campement de balançoires. Le vent est en transhumance. Il a posé ici ses assises, avec quelques jeunes femmes sans doute d’une autre espèce, des anges peut-être

Je rêve à l’immobile bonté de l’arbre qui me retient et me prend sous son bras,  protégeant  mes allers-retours dans l’espace.

Encensoir humain avec des parfums de jupons et des prières païennes. L’arbre joue les enfants de cœur, acolyte serein d’une grand’messe de ciel. Je pédale à rames de jambes dans l’azur et cet inutile effort qui part qui revient et qui repart saoule doucement mes lourdeurs. Loi de l’apesanteur. Tituber  en l’air. La nacelle  en petit hachoir berceau découpe  de long en large des  quartiers de soleil.  Je ferme les yeux. Libre.

Mais quand je les ouvre, je suis toujours à mon vertige. Je regarde, les maillons de la chaîne courent très vite eux aussi dans l’espace.  Pourtant ces balançoires-là n’iront nulle part.  Elles ne sont que des mots. Totalement inactives, inopérantes.  Des statues de balançoires,  des métaphores raidies. On devine que l’on pourrait ou que cela pourrait servir à ça : à voler un peu... Mais on le voit tout de suite que cela ne se pourra pas et que bien sûr que non. Les suspensions s’annulent, elles se briment entre elles, se rognent les ailes…

C’est comme ça dans la vraie vie. Les autres vous cadrent si bien que toute évolution et liberté risquent  de devenir  une absurdité.

Alors on songe,  on ferme les yeux comme moi à l’instant, comme pour se redonner une sorte de dignité : je suis un oiseau libre m’étais-je dit.

  Mais c’est juste une définition et pas une réalité : non ! je suis une nacelle envolée !

Alors je sors mon I- phone,  application free mobile…

 

 

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