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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 06:11

rester allongée. le ciel s'est  juste entrouvert. le store en métal gris bleuté est à peine relevé, à mi-hauteur des yeux.

je reste allongée avec toute ma compagnie. me sens habitée de multiples présences. il y en a, c'est bien.

le lit est vaste, il abrite ainsi mes déclinaisons et tout le temps.

parfois je me crois jeune encore et mes amants se jettent sur mes orteils et me grimpent.

parfois je fais le colloque des morts, cliquetis de cuillères et de chaînes.

je convoque enfin ces êtres qui auraient pu exister dans ma main, dans le chaud de ma paume, et que j'aurais poussés aux frissons, à perdre la tête, à perdre pied, comme ça juste dans ma bouche.

j'aurais plaidé avec eux des saveurs nécessaires, grandioses,- immorales aurait-on dit sans savoir-.

ces êtres à la voix trop sourde,  trop barricadée dans le fond de la gorge, qu'ils pourraient être là, tous ensemble, sans même abattre mon église de silence.

je reste allongée, espérant qu'en étant ainsi le monde sache que c'est à lui de prendre la barre maintenant, je cède la place

le radeau est un véhicule idéal.

qu'il aille là où le courant le veut et moi allongée dedans.

 

je fais ainsi l'inventaire du jour et puis celui du lit, les yeux brûlant du rêve de la nuit

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 08:12

cette ligne plus lumineuse, l'aura des maisons et du clocheton. est-ce un effet de pupilles ou vais-je croire à la réverbération de l'âme des choses?

je voudrais pouvoir me retirer au fond de mon crâne, dans le flou inévitable de mon esprit et de ce recul mieux cerner l'imprécis scintillement des êtres, quand l'oeil n'est plus astreint à se fixer mais qu'on lui demande de saisir l'entier, la globalité molle de l'image. de toutes ces informations, le cerveau voit soudain tant de nouvelles choses encore.

devant le miroir, l'autre moi a surgi. étrangère, parfois plus lisse, parfois pourtourée d'ombres et de creux. dans le miroir, les ancêtres de ce corps qui est le mien reviennent. je déconnecte le cerveau, je reste sur "standing" et les strates, généalogiques peut-être, fantomatiques sûrement sortent du bois. j'habite un monde d'histoires.

[ me souviens soudain de ce petit roman écrit il y a presque 10 ans, oû je tentais de raconter l'aventure d'un historien généalogiste. il avait élaboré une banque de données permettant de tracer l'arbre de vies et la résurgence des corps. ceux-ci, selon lui passaient ainsi d'un siècle à un autre, d'une vie à la suivante. pérennité physique, comme si les corps étaient des boîtes toujours pareilles indestructibles et emplies de nouveaux esprits au fil  du temps. et puis une brèche amoureuse ouvrait la porte à la confirmation de sa théorie loufoque. faut dire que mon père avait une passion pour la généalogie qui épuisait nos conversations, déjà pas très riches..]

le soleil  par derrière ce matin, celui qui cisèle aux petits ciseaux à ongles le noir pour en faire une nouvelle image. tantôt, le gros chaos de ma voisine apparaîtra dans le papier découpé et mettra la vie à l'orée des maisons. campagne de papier à la chinoise. travail de bijoutier pour faire surgir la vie.

Mon oeil, artiste aux cils collés encore, vient de mettre le jour un nouveau monde

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 12:27

on écrit juste quand on est détaché. j'essaie  par bribes de me détacher de moi, de remonter le courant, le fil des espaliers.  de m'éloigner, au plus lointain. ce moi est un autre. je ne maîtrise pas mes distances. myopie et presbytie  les deux hémisphères à la fois. le cerveau est trouble, il réclame la mise au point.

je tente de concentrer tous les faisceaux, de mixer quelques sensations. dans la tête tant de collisions d'images qui se précipitent et se frottent. et que parfois une étincelle et plus rarement encore le feu.

 

il y a pourtant ces jours où je colle à ma peau. écrire ne fait que renforcer les adhérences. impossible de regarder faire mais tout prendre en pleine poire. du lever jusqu'au soir  n'avoir aucun recul, mais le nez dedans et la respiration courte. comme s'étouffer dans sa gerbe.

c'est comme ça ce jour.

j'ai la pensée qui râcle l'os. les mots sur l'épiderme, fortement cousus. la douleur est en pleine représentation. grand théâtre en direct. je ne peux rien faire qu'entendre. le discours le texte le poème tout cela se tient comme des racines et des ramifications, partout, le long de la vie. le cerveau lui est juste là pour réceptionner le débit et agencer les perles et les cris.  demain je verrai bien...en attendant je déverse.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 07:15

absence. boulimie d'absence. ouvrir la mangeoire et  dès l'instant de l'oeil ouvert, du retour parmi les autres, claper claper claper encore l'absence.

m'en remplir,  m'engrosser encore de l'absence. tout ce qui est lui fait  ventre. je la mastique, la déchire, la rumine, la recrache. l'absence  dedans dehors.  en robe de salive, en robe de sucs. mots ou petits traits griffés, en taches en raclées... sous la dent.

plus elle est, plus je me bats.  plus je me bats, plus elle est. immense, encore plus, oppressante encore plus. j'édifie l'absence.  jusqu'à ces moments de lumière où je saisis que c'est de moi que je parle, que je suis l'absence, que je ne suis rien d'autre, que ça, dans sa membrane opaque, un vieux foetus énorme qui éclatera dans le néant.

et puis oeuvrant toujours à ce même travail, j'oublie. et rejoins mon absence.

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 10:56

je ne serai jamais vive  je ne l'ai jamais été. c'est pas maintenant que je peux m'y mettre, dit-elle ironique. c'est l'impossible. comme remettre un oeuf gobé dans sa coquille. le trou est décidément trop improbable.

j'ai dû naître en un seul coup, trop vite, jetée dans le fossé, par des chats sauvages qui s'attendaient peut-être à me bouffer tout de suite, entremets d'ombilic et de placenta avant les rats. j'ai ouvert la bouche et tout depuis défile. le train va grande vitesse, le rythme est saccades secousses, danse et trépidations.

j'ai les os pas faits. tout défile et je suis toujours à mes reptations en retard en retard en retard, de tous les souffles.

pas vive, larve ligotée. ce qui devait sortir exister reste coincé, sous la glotte, encoigné dans ses filets, la glu, le ciment. j'en ai plein les membres.

et l'épuisement de vivre dans ma nymphe sarcophage, chaque matin allume mes poings et ma tension extrême. écrire au poinçon,  me perforer. peut-être et encore...

 

écrit après avoir bouffé d'envie le petit déj de ménard dans l'eurostar

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 11:46

écrire à l'écriture. ce qu'il voulait...

et on aurait lancé ça en l'air. dans l'air du temps histoire de voir si cela allait faire bouger le niveau de l'encre.

au fond écrire à soi- même m'étais-je dit.  une lettre pour soi que l'on posterait pour soi aussi  pour le bonheur d'avoir du courrier, d'ouvrir la boîte, pour autre chose que des factures. après, pour faire semblant je lui aurais donné mon pli et lui le sien. on devait juste changer de langue pour mettre le timbre, en somme. c'était prévu comme ça...

entretemps, il se passe des choses. on ne communique plus pour un tel rien, ni pour un oui ni pour un non, d'ailleurs. on jette beaucoup, souvent,  et surtout, après avoir écrit je t'aime. (se méfier des flammes et des fumées). c'est un monde qui ne croit pas aux mots.

c'est pour faire de la place, à celui à qui l'on pourra écrire à nouveau.  le lien de l'encre, on le noue surtout à soi. on se remplit, comme un canal avec des écluses. on ouvre la bonde. cela monte,  on noie son poisson et on continue sa lignée noire sur la page.

 écrire à l'écriture...? dérisoire projet sans communion, qui par la féroce magie même qui l'habitait, aboutit à poster ici, pour moi, ironique autogoal -ou pour vous?- mon auto-missive, mon auto-missile.

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 12:25

plus un oiseau. ciel mort, ciel à brûler dans l'être.  ils ont dû fuir au bois ou le froid les a-t-il raidi? je cherche un mouvement de  branches mais ce n'est que du vent parmi les aiguilles. plus un oiseau, l'hiver. ils meurent m'a-t-on dit, gelés. moins 15 en effet peut bien vous estoquer à brûle-pourpoint .

le ciel est vide, les toits, les arbres. . un reste de plumes, parfois au sol. comme si les dents du blizzard avaient recraché les ailes et les textures de trop de gavage et de bourrées.

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 04:18

garder dans la main  le chant. puisque les doigts pépient. qu'ils en veulent  d'un grouillement à un autre. que ce monde ne peut retenir.

je passe la plume. d'autres leurs portes. leurs fenêtres et même les yeux.

je m'étale dans la paume. glissade sans visage, vers le dedans où rien ne passe vraiment. j'essaie l'évitement. ne pas me mêler de cette masse, de ces tentations de dissolution.

ce qu'ils chuchotent entre eux et que je ne peux attraper. ils se causent, bien sûr. se parlent de choses qui ne regardent personne mais qui est comme le petit linge suspendu dans le vent. leurs désirs bridés. l'âge d'en finir. la langue que l'on tire dans les dernières montées.

j'entends ce bruit, qu'on tâche de briser à mes oreilles. provocations des cils. je lis sur les lèvres.

on me jette parmi les rafales de gargouille les pelures du son.

je dois recomposer. mettre le rébus dans l'ordre de l'instinct.

ce n'est rien.

cela s'aime comme ça, comme tout. sans importance donc.

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 15:27

j'ai mis le livre dans un endroit qui lui ressemblait, le bord d'une fenêtre

 

il s'y est déployé

coloré du pays et de l'ocre temps

il a respiré

ce qu'il voyait ce qu'il entendait

tenu chaque matin, la nuit

sur le filet de la page

 

l'aube préface ainsi toujours le poème

 

il a éventé le silence au tomber des feuilles

le bruit indocile du papier qui se cabre

 

dans un endroit parfait

la fenêtre

 où se mire sans cesse la parole



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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:30

soulever les pierres, cracher. refermer la blessure, la terre à cicatriser.

attendre que s'en aille  la douleur sur le côté  l'accent rugueux de l'élan.

ployer le corps les mains serrant les jointures. on pourrait tant se casser à vouloir vaincre son tempo.

cette course emplit  sans fin le monde de distances

 je ne m'approche de rien.

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