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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 18:28

dans une semaine, j'aurai atteint Bruxelles, déambulé dans le truc,  enfilé des machins, sonné aux portes cochères et gravi des marches et des fontaines. 

dans une semaine, j'aurai sans doute vaincu les voies ferrées, les gares maudites, les changements  de rails comme une cocotte minute. j'aurai trimballé les fantômes, questionné le destin, assumé comme ils disent en ne sachant plus trop ce qui est assumable et ce qui est consumé. j'aurai roulé ma bosse à roulettes, tiré ma tirette, vuitonné mes handy bags et connecté des routards.

dans une semaine, j'aurai sans doute trempé  la journée dans un bain, songé ensuite vers quel lieu indigne traîner ma faim et aller boire en Suisse. un petit coup de Gueuse ou un vin de Moselle.

garçons! où sont mes frais de commis?

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 05:45

Grosse boutonnière sur les voies. à prendre de traverses. planquée couture arrêtant l'hémorragique voyage coulant rail après rail. grouillante bousculée, dissipée agitée égoïste.

sous les voies se tient un mendiant . il musique quelque chose. cela ne durera pas. La flicaille aime lisser le paysage auditif avec un panier à salades.

des heures à trier, à tuer aussi. C'est toujours ce que je fous ici quand j'y suis. je crime et châtie le temps avec des flûtes au sel et des pailles coudées. il y a dans la même attente un gars en short bermuda fleuri. il chante -lui aussi? la gare de Lausanne est-elle musicienne?-  par intermittence comme si un ange tournait parfois le bouton du son. fort doux fort doux plus fort encore. lui toujours impeccablement dans la note , le ton absolu. il est devant une bière qu'il suçote à peine, observant comme moi le piéton piétonnier. et je revois ce poète très fou marchant en short tahitien et tatanes par moins dix vers le kiosque de ma gare à la quête d'un whisky. la folie doit aimer les pantalons flottant et les imprimés de vacances. je ferme les yeux. le coeur coule comme les rails sur lesquels fuient l'espace et les liaisons.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 16:10

je ne la visiterai jamais. sans le moindre doute. elle est verte, dominante. je ne sais rien de sa structure. elle est comme un indice de vert-de-gris sur une ville qui joint le départ et le geste. c'est bien aussi qu'il en existe une pour dire que l'on n'existe pas. elle fait témoin, me prend à témoin. je sais qu'il y a un parc je sais qu'il y a de l'eau et que c'est peut-être aussi vaste pour camoufler que cela ne va nulle part. comme une lame de métro sur des étendues vides. des gargouilles veillent. je n'entrerai pas, promis. je n'en sortirai jamais, c'est acquis.  comme elle est haute, j'imagine des trains circulant par strates. strate number one to new-york, strate two two to Berlens, les Ecasseys. couches et soucouches d'un voyage en wagons couchettes. je m'empile je m'empale. drapées ferroviaires. mille feuilles pour le dire

et là -bas hume-ton  au matin ce goût de starbucks inondant les mouchoirs?

gare casque à pointe d'où gicle une fusillade de couteaux et je lève la tête et oublie l'horizontale de tout lointain.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 15:59

sommieres.jpgSommières gare hôtel

 

 

 

 

sièges velours. rouge vieux. combien de culs pour lisser ces adieux ticket chic?  cafét' buffet maintenant. le désespérément désert des gares abandonnées. je m'y installe. c'est un hôtel-  je n'oserai pas hôtel de passe- c'est pas le genre de l'endroit. trop de vieilles peaux sans doute pour investir une bribe de désir. hôtel devenu. la gare et ses rails pleins d'herbes, de mousses de fleurs, délicate poésie d'un souvenir, ces fleurs comme des pansements sur la nostalgie brûlante. Par-ci par-là  on se la joue élégance. des tissus flottent dans le silence, des draperies d'été estompant peut-être l'envie misérable de se tailler par la fenêtre. je sors. terrasse donnant de plein fouet contre une muraille. entre deux, un dernier wagon "pour la route" . installer là ma fatigue de veuve avec fantôme. l'homme ne dira rien, il a soif et j'évacue par convois blindés mes espoirs déportés. la Gare est dans le Sud. parfois l'eau vient si fort des montagnes qu'elle emporte des maisons et quelques morts flottants paresseux de la vie...

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 14:00

 mis les boules  rondes de l'ipod dans les oreilles, j'écoute je m'abstrais. la gare est une monstruosité dans laquelle se baladent imprécis imparfaits- inexistants peut-être -des gens, des tas de gens, des monceaux de gens. je me ratatine sur le bord du banc. combien de temps pourrai-je ainsi tenir? dans la foule énorme de ma solitude. sans la moindre poignée de secours où me tenir. tout grouille tout bouge  tout s'embrasse, se reconnaît, s'évade. tout palpite sans fin et le temps m'enveloppe d'une toile qui m'enroule vers l'angoisse  cocon perfide.  pour la dixième fois peut-être le clochard en chaussettes vient de glisser ses patins sur mon paillasson de silence. il m'envisage comme sa voisine de palier, son dernier gyrophare. le corps se fait si lourd mais l'esprit lui divague et flotte, me disperse dans les hauteurs de verrières. Gare de Lyon, je te connais. tu es le coeur vif, la métaphore inexorable de ma vie. je ne pars pas, je n'arrive pas, je ne suis de personne. ni du bagage, ni de la soute. le simple fruit paumé d'un coton dans un coup de vent venu de l'autre gare, Fribourg. dans  ce nid de cauchemar, revenant à coups de bielle. la gare, le train, le quai et moi, jamais à l'heure et jamais prête. tous les départs ratés et cette impuissance notoire de n'être d'aucun courant.

mais...  revoilà le nain blanc avec ses pantoufles d'entretien sur mon marbre  d'imprimeur. bientôt ce sera si propre:   comme chez moi.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 11:54

accéder aux rames. monter. marche raide marche aérienne- depuis ils ont nivellé cela en allongeant une rampe d'accès interminable. en ce temps-là, je montais. je grimpais.

la gare, voyageurs, inconnus, presque inconnus,  habitués. tu montes?.

je porte  ma jupe ordinaire, la brune soupe, ni longue ni courte.  était-elle jolie? non tout me semblait commun.

je monte le grand escalier. là-haut, je dois partir. alors sa main. sous ma jupe. sa main, elle glisse et grimpe, dans la rampe de nylon. elle avance caresse chaude insistante. elle n'a peur de rien elle monte. elle court même tandis que je marche tandis que je m'essouffle. 

fermer les yeux?  laisser faire ou me retourner? 

son regard, plus vieux, plus riche plus fort que le mien. déjà croisé. il possède une déesse hindoue pour épouse.  me fixe, comme une excuse comme une fierté.  et puis resdescend les escaliers. ce lui. et savoir à l'instant à quoi riment les jambes des femmes.  escaliers rails voyage.

juste ça pour longtemps, telescopage d'arrière-train.  accrocher mon wagon, fugace instant offert sans ticket.  un désir dans l'espace d'un hall de gare en chemin vers moi. m'y  accrocher et me dire que si lui, peut-être, quelque chose comme un voyage.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 11:29

l'autre est grande. enfin je la trouve comme ça. la seule chose qu'elle a en plus, c'est du vent. un souffle omniprésent  qui ne fait que boucher les trous des départs. à la pelle inutile. tinguely, le sculpteur de mon coin, l'avait bien compris quand il s'est mis à mettre des cuillères dans les mains de la bise. -on ne joue pas au sable pour rien-. il y a du vent sans cesse, un machin très méchant qui rend plus seuls ceux qui veulent l'être moins et plus encombrés les autres.  je monte je descends je monte je descends ces escaliers plusieurs fois par jour ou par semaine. chaque fois je suis en avance. histoire de le re- goûter, le vertige morbide. ou de savoir si c'est un jour acceptable ou non. sans idée suicidaire, il y a parfois quand même des instants agréables et me tenir devant les rails, c'est comme faire ma courbe de température ma méthode ogino -enceinte de déprimes ou pas-  et puis assise là, je perce une à une les vies qui ne seront jamais les miennes. je prends conscience que rien ne me sortira jamais de mes rails. je vais devoir être ça ..tout le temps et toute la longueur.

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2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 11:13

 

 

gare vide. même les rails sont comme  d'éphémères traits sur le terrain. avec ce vieux goudron rouge qui a pris des trempes de temps dans les coins et sur la gueule. le kiosque fermé, la dame derrière loin loin qui tricote un bazar d'hiver, ou crochète des coeurs qu'elle figera dans du sucre le soir chez elle. ce banc sur lequel je dois me poser et attendre. derrière moi la colline monte tout en pavés, monticule ennuyeux, la ville en couronne là-haut.elle se la pète comme en province on sort ces tenues de princesse pour se donner de l'air.  j'attends de rentrer.  suivre le cours tout ligné de l'attente. il y a en moi des greniers d'ennui, de la fine fleur de poème, super bien tamisée, prête à me talquer l'âme. j'aime pas les trains et puis je les aime. c'est comme prendre son suicide tous les matins entre le premier café et la première sèche.  cette proposition sans fin remise sous le nez: tu sautes ou pas? et cette trouille maigre sans os ni squelette de faire de la peine et de n'être même pas comprise pour cela. le train ne mène nulle part. il ronge le jour pour atteindre la nuit, c'est tout. il faut rentrer dans un carton de luxe, son lit à plat dans la vie des autres, où même mendier ne servira à rien. on vous donnera tout sauf une seule question, une seule inquiétude. pour n'avoir jamais rien à partager que du pain et du caviar de cervelle.

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