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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 12:25

je n'y songe pas

je suis libre

depuis les autres rives

libre comme la chair touchée par la chair

soudain grâces

et accédant à l'air

 

je n'y songe pas

le vol sans ocelles

et des véroles crépissant l'oxygène

ciel noir, réglisse des différences

ma main dans l'éternel

et l'éternel dans la tienne

 

je n'y songe pas

ma fièvre humaine

corps simple je suis

avec des membranes poreuses

et des mots sans message

le flux d'espérances

charrie mes dieux et les rires

 

je n'y songe pas

larme sur le hochet de cils

l'averse des passions

est bonne à quelque chose

chose la fleur

chose la semence

et cette réa  laboure joyeusement mes veines

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 12:12

du doigt déminer les maléfices

il suit les courbes de la Terre

précis de manège et mode d'emploi

le faire chaque jour

chaque lever

rejoindre ainsi l'embouchure de la nuit

s'encliper à la langue qui essuie mes lèvres

goûter le chocolat du rêve

l'amour au goût nègre

la sueur idolâtre des prêtres de soleil

et leurs basanes intenses

 

du doigt rompre les sentences

en décousant les anges

les silences qui passent sous mes yeux

il agite "l'aiguille à tricoter"

les grandes symphonies

les mots d'ordre et les points cardinaux

tout ce qui danse sous le désir et pointe la jouissance

 

du doigt clouer la folie ordinaire à la tempe

tourner la manivelle idiote

et remonter le seau de mes noyades

il enfonce au vilbrequin les sens et la raison

poquet de bienséance dans le crâne

 

du doigt ensuite crocheter ton doigt

mailles d'os et cadenas

ainsi scellés poursuivre sans plus un mot

le cousu main d'amour.

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 12:39

alors vulnérable

            arbre aux mille travestis virant dans le port froid des lumières

vulnérable

            le sol trop-plein des antiques tombes et nos buissons de bruits

 

alors vulnérable

            la rue, les chevilles de bitume où se collent nos voyages

            l'espoir dans les moulins de chasse

            girouettes dispersant nos derniers iris

            éclats d'amandes pour semences d'oiseaux

vulnérable

            le choix en houppelande de fièvres

            de traverser les mails de nos légendes

            le dos grandiose du temps rendu à son héros

vulnérable

           la désaffection des lieux, un baiser après l'autre

           empaquetés d'oubli

vulnérable

           terrain vague où fuient les ombres des souffles d'un poème

 

           entre les mains la bulle d'air emplie des mots dits et de langues liées

alors vulnérable

           obus éclaté

           et puis rien.

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 12:57

 

 

Toutes les lettres commencent par …cher…chère…

 

Vais-je la débuter ainsi… chère Anna ? … Plus rien ou presque ne me lie à toi petite fille oubliée, je crois, un matin bizarre où le monde t’a montré qu’il ne se laisserait pas comprendre.

Tu étais sûrement mignonne et les gens qui t’ont connue me parlent de ton imagination et tes questions. Il paraît que tu n’avais peur de rien, que tu grimpais sur les plus hauts engins, que tu marchais sur les tuiles du toit et que tu aimais par-dessus tout t’asseoir dans la petite rivière qui bordait ta maison, pour lire quelques nuages.

Personne ou rien ne te ligotait en ce lointain temps ; tu faisais sans que rien ne te retienne et sans peur...Tu n’avais peut-être pas le sentiment de ce qui se perd… Tout et tous te paraissaient dignes et bons et intéressants et pleins d’un mystère qui te happait vers eux. Et puis…

Il aurait été normal que nous poursuivions nos vies ensemble. Mais j’ai reçu comme un ordre d’exil, mon renvoi vers une terre inconnue…

J’aurais voulu te prendre avec moi et te mettre dans ma valise. Mais je suis devenue grande et lourde et sérieuse presque en une nuit et je ne t’ai plus recroisée. J’ai quitté ce monde dans lequel tu te mouvais et tu riais, pour entrer dans une autre dimension je crois …c’est comme ça que je le vois maintenant. Tu étais une enfant, j’avais mis déjà mon âme de vieille … et c’est ainsi.

Je suis lâche, petite fille. Tout ce que j’aurais dû être si je t’avais entendue… ! Si j’avais cru en toi et non en l’autre.

Ne viens plus tourner autour de moi ; c’est comme un éternel reproche que tu proposes à mon regard. C’est comme si tu étais ma propre fille oubliée dans un bac de métal glacé un printemps froid et pisseux… C’est comme si je n’avais plus jamais voulu entendre ta voix et ce monde d’oiseaux et de senteurs dans lequel tu étais … Bien sûr on me dira que jamais je ne t’ai quittée, que tu es et que je te porte encore… mais ce n’est pas vrai. Il n’y a rien entre nous, et le passé je l’efface à mesure que je finis chaque jour. Je ne garde aucune trace, photos et quand je sentirai que mes jours vont s’achever, je mettrai mes maigres archives dans un container. Je ne sais pas si c’est ainsi que cela doit être. Probablement pas. On est pour toujours l’enfant de notre enfance. Pourquoi je ne veux plus rien me rappeler, pourquoi je cherche sans cesse l’éponge à raturer ? Pourquoi et qui pourrait bien me le dire… en tout cas pas toi, n’est-ce pas ? Il y a des matins encore où je me demande comment faire pour éclater en milliard de poussières de sable de verre et enfin ne plus être attachée à rien… Il me semble que le monde est trop court encore pour me donner l’éloignement nécessaire et libérateur.

Tu es du même monde que ces gens que je n’ai su capter, que j’ai interpellés en vain et je n’aime pas me souvenir que je fus si incapable d’inspirer quelque chose de plus vibrant et affectueux.

Mais, pour contredire ma lutte épuisante pour être intouchable, il y a encore des failles.

un être doué d’une autre sensibilité, d’une autre réceptivité va me prêter ses yeux et il surgira de son art une image de toi que je saurai peut-être regarder, la photo passeport pour un peu de paix, qui sait

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 12:14

 

trait1.jpg

Grande passoire que le ciel…  sans cesse l'essorage des salades célestes. On entend le cri de Fukushima nous couvrir de sa buée noire. Le long chemin de la souffrance de Géa tourne sur nos têtes et nous voile de son frisson. Les maux dont on ne veut pas mourir sont reconduits de jour en jour et les tragédies jettent des cernes sous nos yeux.  saisons malades, ces esplanades de souffrance tirant vers des fins douloureuses interminables.

 

il suffit d’une seule phrase pour guérir, d’une seule pour mourir. Les choses restées suspendues s'appellent les limbes dont on ne peut jamais sortir. C’est un territoire duquel la vie est exclue et la mort pareillement. Suspension dans une antichambre sans nom. Oubliettes mauves, semences des peines d’aucune appartenance. ce n’est pas le non-sens, c’est l’ab-sens, a privatif, comme si cela n’avait eu aucun début et n’allait vers rien. Ne pas croire que c’est une absurdité. C’est le milieu des eaux du monde, voudrais-je imaginer. celles du Nord, celles du Sud,  sans chemin.

 

 

Il fait encore un peu nuit et pas jour non plus. Frontière propice. Je suis prête pour la danse. Le corps s’apaise dans le velours étranger d’une langue dont je ne connaîtrai jamais le secret. le chanteur semble prier. Je me dis que c’est comme ça que Dieu doit l’entendre, comme moi, sans le moindre sens ne touchant son esprit et tout de ces sons harmonieux. Je traduis, oui... suis le bon traducteur de cette langue inconnue dont je sais instinctivement le miracle. Et ma danse est le seul écrit qui lui convienne, la transcription exacte de sa signification

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 12:06

représentations du silence.  avatars multiples, extraits des psychés et des jours. il prend des traits paisibles et d'autres effarés.  chacun lui met les images qui lui paraissent nécessaires. s' il y a bien un mot qui réclame la métaphore c'est celui-ci, car seuls les yeux sont finalement capables de lui donner une forme. étrangeté  de la vie ou constance de la parole... qui sait?

pour nombre de gens, le silence est un bienfait, pour bien d'autres une part essentielle de la musique, perforant de ses trous la carte du bruit sans discontinuer. certains le voient à l'intérieur,  d'autres au désert, sur la montagne... il suffira d'une image pour que je comprenne la qualité du silence dont ils parlent.

le silence qui est à l'orée de ma bouche, ficelé comme une prise à la chasse aux dires, pendu sur le côté de mon voyage est bien plus qu'un bâillon, une boule d'étoupe dans la gueule...

c'est un silence libre. sur une nacelle trop haut perchée, une nacelle sans balustres, dans un noir irrespirable.  c'est là que je me tiens haute et disséminée dans le néant de charbon. et j'imagine, j'imagine sans fin... des choses qui n'existeront sans doute jamais, qui ne sont que des repères dans la divagation de la vie.- car ma vie ne navigue plus  mais divague.

j'attends avec une frayeur en boule, ma bouche pelotonnée sous moi, des flèches qui partout sont tirées dans le hasard.  j'attends que me transperce une parole je pense et que cela me fasse mourir, comme j'ai déjà mon quota de blessures et que je sais donc qu'elle viendra.

 

dans ce silence, quand je me sens assimilée, ingérée, engloutie souvent - qui est aussi parfois ce que je suis, noire impalpable cauchemardesque,   je tire les mots au sort. oh! ce n'est pas pour jouer. c'est pour strier l'épais où je suffoque. ce n'est pas un jeu, c'est pour ne pas rompre le filet de protection qui me garde: écrire malgré le silence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 12:26

le lac, - mais oui!n'allez pas en rire,  c'est vraiment un lac avec tout ce que la géographie exige-, sous mes fenêtres. format étang et réserve d'oiseaux ( mais pas de poissons), de grenouilles et têtards pour les échassiers de passage.

on vient d'y dresser un gabarit, droit  haut, surplombant la gouille. j'ai vu s'élever cet élégant échafaudage unique doigt vers le ciel, sans n'y rien comprendre, il y a un mois à peu près.

mais voilà l'explication est arrivée avec une élégance rare et lointaine. je l'ai vue battre de l'aile, tourner là autour et faire ses longueurs d'approche. c'est donc ça qu'on a construit ici, ça, une sorte de cheminée épurée pour couple cigognard!

12 ans que je regarde ce lac et juste 3 que j'y observe une vague migration de cigognes. le site me semblait se forger lentement une étoile dans les gîtes étapes de ces voyageurs au long cours, un relais  garde-manger.

mais cette année, il y a du nouveau et c'est ce truc qui monte près de la rive. va t-on réussir à acclimater un couple futur...?

je peux suivre le feuilleton depuis la fenêtre de mon bureau. bonheur soleil.ce matin, una dona cigogna a visité ce nouvel appart'...

qui sait si mon futur ne sera pas rempli d'oisillons et de ...bébés.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 12:15

mon étrange outil dans la main. trop petit, glissant, lisse,  dont je n'arrive pas à retenir le corps. il va m'échapper. même en serrant les doigts, il s'enfuit et m'esquive.  oui lui, ma plume métal.

je prends le poisson par les cornes et j'y vais d'un petit sparadrap rose,  l'enroule là  où je pourrai 2013-05-06-11.47.52.jpggarder les doigts...

et soudain une évidence: outil  et sens du travail,  tous les deux pareils... mettre une rustine sur la chambre à air

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 11:56

je reprise le miracle

magie de deux sous qui faisait des colombes

le reprise au fil, au chas et de ma coudée d'impatience

je boucle ma bouche dans ta boucle

je serre fort

que ne lâche aucune de nos mailles

 

me tire des aiguilles dans la tempe

 

tous les présages glissent comme le froid servi sous les fenêtres

j'embrasse les grimoires, pincée de lèvres dans tes formules

ce que tu dis est un condensé d'obscurs

de choses noires cuites longtemps

jusqu'à l'épais de l'alambic

c'est ainsi que je m'enivre

en Suisse

à la table solitaire

où ne trinquent que des coucous et les carillons de la cloche d'argent

 je suis née pour tourner des tables, des pages, la tête aussi

aquavit des noces de l'ennui

 

rien, le poète


mon ventre n'est pas un nid où couver des oiseaux.

 

maintenant ce temps où plus rien n'aère l'avenir

et le silence gagne

qui réduit à jamais la parole à néant

et m'achève ridicule précieuse.

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 11:47

la_lettre_d_amour.jpg

Je me mets devant la fenêtre, debout. Elle est haute, je suis sous le toit. Je pose mon cahier sur le radiateur. Je ne me vois pas écrire ça ailleurs.

Besoin des arbres, de cette forêt, de cette impression de traverser l’espace, au moins un peu.

Écrire ça,  que je pense nécessaire et aussi impossible.

Je sais que je vais la rater, cette lettre d’amour, qu’elle n’ira pas où je pense, où j’espère.

J’ai déjà écrites des choses  semblables et ça n’a jamais rien donné. Des mots stériles incapables de toucher la cible. Ils vont et chutent.

Des catapultes d’ouate en somme qui ne puisent pas  dans nos distances les forces de frapper juste.

Je t’ai aimé pourtant, cela me paraissait si évident, si authentique. Je t’aimais gratis, sans autre désir qu’un peu de rêve à me mettre sur le nu.

Comment un truc aussi léger pouvait-il  peser dans l’existence, la rendre insupportable. J’avais un amour si frêle que tu ne l’as même pas senti passer !

C’était ça le secret, ma façon. Je pensais qu’il pouvait se porter sans alourdir aucune vie, ni la tienne ni la mienne. Comme quand on se croise chaque jour en se pointant du doigt, avec un coup d’œil : « ... toi mon vieux, hé toi! oui oui je te connais ». C’était presque parfait et sans attente, je veux dire.

Je n’avais pas d’autre critère: tu pouvais tout me faire faire, tout ce qui naissait de ça. Je pensais sérieusement que rien d’autre que l’amour n’avait tant de pouvoir et tant d’agir stupéfiant.

 

Ma lettre, ça ne ressemble à rien. Ce n’est pas assez. Tout le monde qui a aimé le sait aussi bien que moi. C’est comme mettre un papier autour d’un cadeau, comme tenter un passeport pour un ange, vouloir voler, vouloir être riche, marcher sur les mains. Incompétences notoires.

C’est pour ça que je suis devant la fenêtre je crois. Il va falloir ouvrir, laisser s’échapper les mots et garder l’amour debout

 

 

j'entends comme un ricanement...à un certain âge, l'amour, ce n'est plus un sujet de dissertation ni d'anticipation

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