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premiers pas. une marque deux marques. la neige en témoigne. elle moi. écrasement et empreintes. je me retourne . est-ce que l'on peut se retourner déjà, sans risque? Orphée doit se marrer.

je me retrourne mais rien en moi ne tremble vraiment. l'esprit est déjà loin, très loin. il ne reviendra plus, pas,  pas maintenant se lover dans le nid.

quelques marches quelques pas. le quartier s'allonge. il est soudain interminable. des carrées des jardins, des haies mortes où se plaignent quelques épis de fleurs sèches, un pollen de flocons tout autour.

se laisser étourdir. bulles d'air ou dans le résidu d'effervescence des aspirines . tu brasses mon mal de coeur avec le doigt.

il faut avancer, dépasser le pâté de maisons. franchir ces étapes de proximité le plus vite possible ou alors oser allonger le temps et considérer l'ailleurs comme le bout simple de mon soulier.

 

                                                                ***

 

 

peu de temps. pourtant dehors il neige. oui l'entier du temps est empli de blanc, empilement. la maison se ratatine et quelque chose siffle dans les tuyaux à chaque nouvel effort de chaleur. est-ce un souffle qui ferait mal dans la poitrine de la vieille baraque? je ne sais pas. j'écoute simplement. c'est un premier jour  et comme tous les premiers jours je crois du moins si je me souviens, il y a une porte mal ouverte ou mal fermée et qui me tient sur le seuil . attentive au rester et au partir,  en même temps.

dehors le temps et moi comme un voyageur qui s'en irait faire du tourisme. je vais vers mais quoi encore. le sol est blanc, pure illusion de chemin, pure illusion de tapis volant.  je vais m'en aller. j'ai déjà vécu cela et oui j'avais fait un identique premier pas. j'avais dit que le plus dur n'est pas de partir non le plus dur c'est toujours de revenir, de se réinscrire dans le rail sans coke, le rythme ordinaire. le plus dur, le plus angoissant, cette idée étonnante de faire des choses inutiles ou alors de sentir sans cesse la roue ou la spirale. se déplacer vers le retour.

 

la porte est encore ouverte. vais-je me lancer? vais-je franchir le cercle  cossu des choses qui tiennent à coeur ou lancer le ballon et courir ?

le dos est chaud. déjà la face est grise.  mais l'air est vif. le froid entreprend des purifications, des tueries de nostalgie.  saccages dedans. il ne restera rien et je vais m'élancer  ou suivre,  projeter  le dos de mon ombre en avant.

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